Greffes & griffures

dimanche 15 avril 2018

ATELIER D'ECRITURE 80 : Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

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ATELIER D'ECRITURE​ 

Bibliothèque Saint-Galmier (Loire)  ​

​Mercredi 25/04/18 
18h30-20h30
Songe, rêve et cauchemar

"​Je fais deux cauchemars par semaine et je rêve tous les matins. La plupart des contes que j'écris me sont donnés par le rêve."

"J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps."

(Jorge Luis Borgès)​


vendredi 23 mars 2018

GRIFFONNADE 338 : LUCIEN JACQUES

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 GREOUX-LES-BAINS,

Le 20/03/2018, lecture publique : extraits de la correspondance entre Jean Giono & Lucien Jacques

Lucien Jacques ? Le plus souvent son nom est méconnu.  Les curistes, à Gréoux-les-Bains, aperçoivent son nom au frontiscipe de la médiathèque. Les plus curieux interrogent. Ils apprennent son amitié avec l'écrivain Jean Giono. Les plus attentifs retiendront qu'il fut "le découvreur" de Giono. Pour s'en persuader, plongeons dans la correspondance des deux hommes publiée en deux tomes chez Gallimard. Deux tomes ! Bigre, qu'avaient-ils à se lire ?

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Mardi dernier, à l'issue de l'annuelle assemblée générale de l'association des Amis de Lucien Jacques, les deux lecteurs-comédiens, Daniel Hanivel et Jean-Jacques Lorazo, mettent en bouche les échanges de celui qui n'est pas encore l'auteur de Colline et de celui qui est déjà l'ami de Henry Poulaille. De cette lecture, déjà donnée en septembre dernier, dans le jardin du Paraïs, à Manosque, à l'occasion des Correspondances, on pourrait retenir que le tutoiement entre ces deux personnalités ne s'impose qu'au bout de quatre années de vouvoiement ; respect, pudeur, principe ?  On remarque le doigté avec lequel Lucien Jacques aide Giono à épurer sa phrase, par exemple en renonçant à des épithètes toujours justes mais qui alourdissent l'élan du texte. On s'étonne que Lucien Jacques fasse lire le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier à Jean Giono ; tous les trois connaissent les affres de la Grande guerre, Alain-Fournier n'en revient pas, Lucien Jacques écrira Carnets de moleskine, Jean Giono, Le Grand troupeau. On saluera la joie de Lucien Jacques apprenant que son ami Jean Giono est enfin édité. "Je reçois au centuple ce que j'ai donné". L'amitié est entière. L'ami se met à l'ombre de celui qui, il en est sûr, écrira parmi les textes les plus aboutis de son siècle.

Les deux hommes sont fils de cordonniers. De même Jacky Michel, le président de l'Association des Amis de Lucien Jacques. Lucien Jacques venait à l'atelier des Michel. Jacky dit "C'était pour moi comme un grand-père que je me serais choisi." Depuis il ne cesse de cultiver la mémoire de son "Lucien". 

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Lucien Jacques possède une large palette : il sculpte, il danse, il dessine, il peint, il écrit, il édite, il grave... Jacky Michel depuis des années, ramasse, recueille, cherche, court les ventes aux enchères et découvre les écrits, les oeuvres du cher Lucien. Trois ouvrages importants témoignent de cette quête : Dessins et gravures, Aquarelles et Poésie, l'intégrale des poèmes

Jacky Michel rêve encore de visiter une certaine villa britannique, où Lucien Jacques aurait laissé une fresque, La ronde des saisons. Cette maison aurait appartenu à l'acteur Francis L. Sullivan. Coïncidence, cette demeure, proche de Londres, sert de cadre à un roman d'Agatha Christie, Le Vallon (The Hollow).

En attendant, une exposition se tiendra en 2020 à Marseille, à vingt pas du MUCEM, au Musée Regards de Provence. Les deux amis seront pratiquement côte à côte. Giono au MUCEM, puisque l'année sera marquée par le cinquantenaire de son départ. Jacques Mény, président de l'association des Amis de Jean Giono (que d'amis et d'amitié dans cet article !), consacre ses efforts à une exposition à la mesure (à la démesure !) de l'oeuvre d'un écrivain qui, chaque jour, regagnait sa table de travail sans relâche.

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Oeuvre de Lucien Jacques.

Jean Giono, en bras de chemise, son épouse Elise, portant leur seconde fille Sylvie et à ses pieds face au cerf, l'aînée, Aline.

Aline Giono, dans son témoignage, Mon père : Contes des jours ordinaires, rapporte les visites que Kakoum (surnom de Lucien Jacques) réservait à cette famille dont il était un oncle d'adoption.

 

lundi 12 mars 2018

ATELIER D'ECRITURE 79 :Bibliothèque de St-Galmier

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 ATELIER D'ECRITURE​ 

Bibliothèque Saint-Galmier (Loire)  ​

​Mardi 27/03/18 
18h30-20h30
Le monologue intérieur

"Etonnant comme, dans cette famille, la ressemblance persistait chez les femmes. Elle aurait pu d'ailleur être général de dragon. ​Et Richard aurait servi avec joie ​sous ses ordres ;​ il avait le plus grand respect pour elle ; il affectionnait ces visions romantiques de vieilles dames de haut lignage, avec sa nature bon enfant, il aurait aimé amener certaines jeunes têtes brûlées de sa connaissance à déjeuner avec elle ; comme si ces gentils buveurs de thé auraient pu produire une femme de cette trempe !"

 ​(Virginia Woolf, in Mrs Dalloway, Ed. Livre de poche)​

mercredi 7 mars 2018

GRIFFONNADE 337 : Visages villages

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 VISAGES VILLAGES

Festi'vache 2018,

Saint-Martin-en-Haut (Rhône)

L'art du collage photographique par JR (Jean René). La maîtrise du montage par Agnès Varda. Quatre-vingt-neuf minutes de bonheurs mineurs, de ceux qui arrondissent les jours, pareils aux instants d'éclaircie d'un banal après-midi de mars.

Vous dire pourquoi le public reste assis jusqu'au terme du générique de fin ? La raison des demi-sourires sur les visages aux portes de sortie ? Vous voulez savoir pourquoi ce documentaire rassembla l'an dernier un public convaincu ? Et les raisons de la retenue des critiques ? Les tapis rouges déroulés sous les petits pieds de la grande Varda ? Si JR est photographe ou artiste performant ? Qu'appelle-t-on activisme urbain ? Qui est exactement Henri Cartier-Bresson dont Agnès Varda visite la tombe ? Si on voit là son ultime film ? Serait-ce l'adieu de l'artiste ?

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Et que deviennent les photos collées sur les wagons, les palissades, les maisons ? La raison des déplacements aléatoires en camion-photomaton des deux complices ? Leur réelle complicité ? La spontanéité de leurs propos ? Ou s'ils lisent des textes auparavant écrits ? L'amitié qui liait Jean-Luc Godard et Agnès Varda ? Qui les lie encore ? Bien que Jean-Luc soit "une peau de chien" ? Regrette-t-il de l'être ? Vous demandez-vous si les  personnes rencontrées ont demandé des droits à l'image ? Et combien ? Si le film Habitants de Raymond Depardon inspira Varda et JR ? Si Depardon a vu Visages, villages ? Et si oui, ce qu'il en pense ? Si le chapeau et les lunettes noires de JR sont des objets vestimentaires fétiches ? Des masques ? Des signes ? Ou des colifichets ? Si le choix de ce nom d'artiste, JR, est un clin d'oeil malicieux au JR de Dallas ? De quelle nature serait cette malice ? Ce film est-il un authentique documentaire ? Et s'il ne l'était pas, que serait-il ? Restera-t-il à l'usure du temps ? Que voir lors d'une nouvelle séance qu'on ne voit pas la première fois ? Et, enfin, au bout de cette liste, qu'est donc ce festival qui, perché sur les Monts du Lyonnais, se nomme Festi'vache ? Vous voulez savoir tout ça ?

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mardi 6 mars 2018

GRIFFONNADE 336 : LA REALITE & SES TROIS ASPECTS

JE VOIS TRIPLE 

Dans Les Bienfaits de l'imageSerge Tisseronsoucieux d'éduquer à l'image tout enfant dès son plus jeune âge, encourage à distinguer les trois aspects d'une réalité :

  • la réalité elle-même ;
  • l'image intérieure ;
  • l'image matérielle.  

Entre les trois, les risques de confusion sont nombreux. 

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Ce ne sont pas des fruits

Voici des fruits sur une table. On admet que, sur l'écran, figure l'image matérielle des fruits que le photographe plaça réellement sur une table. En détournant le regard, en fermant les yeux, quiconque saura réveiller en son for intérieur l'image (sans doute incomplète) de cette photographie. Le mot fruit évoquera peut-être une autre image intérieure, celle d'un ananas, d'une myrtille ou d'une figue.

Le globe est une image

Avec un enfant, au bon moment, on insistera à partir du fameux tableau de Magritte puis avec un globe terrestre que la pipe sur la toile est une représentation de la pipe réelle et que le globe n'est pas et ne sera jamais notre planète. Une confusion de langage favorise d'autres confusions de langage et entraîne d'autres confusions dans la pensée et son mécanisme.

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Fabriquons des images et parlons d'elles

Serge Tisseron recommande trois habitudes : la première est de ne pas oublier que toute image est un point de vue, afin de ne pas confondre réalité et ce que montre l'image, donnons l'occasion aux enfants de fabriquer des images, d'en produire et... d'en parler, d'en discuter.

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"C'est d'après toi, ça !"

La deuxième habitude serait de repérer dans les images les failles qui entretiennent la confusion entre la réalité et nos images intérieures, nos "représentations". Une image univoque (qui n'est pas équivoque, qui ne se réfère qu'à une seule et unique "voix") contient un germe de totalitarisme.

Une image équivoque (ambiguë, d'un flou instable) invite à se questionner à la fois sur le monde, plus ou moins bien perçu, et sur soi-même, plus ou moins bien situé face à lui. Cette interrogation se traduit par la parole.

Un point de vue est toujours subjectif

Troisième et dernière habitude : prévilégier la façon dont une image nous renseigne sur nous-mêmes. Dit autrement, accepter que notre perception des images soit subjective malgré toute notre attention à ce qu'elle ne le soit pas. Ce caractère se traduit par des propos échangés.

Causons donc

La parole aide à distinguer les images qui nous entourent de celles qui nous hantent. La réalité s'installe au milieu comme une rivière tranquille.

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lundi 5 mars 2018

GRIFFONNADE 335 : Ecrire

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Qu'est-ce qu'écrire ? 

Paul Valéry : 

"L'écrivain ne trouve pas ses mots, il les cherche, et en les cherchant il trouve mieux."

Pierre Bourdieu :

"Quand je ne sais pas ce que je pense, j'écris."

Claude simon :

"On n'écrit jamais quelque chose qui s'est passé avant le travail d'écriture, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au présent de celui-ci, et résulte, non pas du conflit entre le très vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le résultat est infiniment plus riche que l'intention."

Trois citations relevées je ne sais où en 2002 ou 2003, alors que j'entreprenais une formation d'animateur d'ateliers d'écriture et que je retrouve en relisant les notes prises à l'époque, les synthèses de lectures, les bouts de commentaires échangés et griffonnés...

Après une dizaine d'années d'animation d'ateliers, mon expérience s'étoffant, j'ai modifié et élargi ma pratique. Une poignée de certitudes demeurent cependant :

  • Dès que les premiers mots sont jetés, la personne qui écrit est face à un territoire où tout est possible, les directions sont infinies ; puis, de phrases en phrases, à la fois cette infinité se réduit tout en dévoilant ce qu'elle masque. Le jeu s'arrête au point final, juste avant que tout soit dit.
  • A force d'écrire - et dans ce terme, force, se lient une idée d'effort, de mise en branle d'un mouvement contre une pesanteur et une résistance de tous les diables et une idée de patience d'ange, d'une éternité suspendue et enfermée dans les mailles du texte - à force d'écrire, arrive le moment où l'on renonce à écrire ce que l'on pense mais où l'on apprend à penser dans le geste même qui, lettre par lettre, pose les mots et les enchaîne les uns aux autres.
  • le texte ne vient jamais vers la personne qui écrit, il devient tandis que l'auteur s'autorise à favoriser cette naissance. 

Rien de très nouveau. En tout cas, je signe ce que j'écris.

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ATELIER D'ECRITURE 78 :Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture Médiathèque Mot @ Mot

Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​
Lundi 12/03/2018
19h30/21h30
Saison 2017/2018 * Dixième année
VARIER LES TOURS ET LES TOURNURES
  
"Vous voulez savoir si les lits sont grands ou petits ? Confortables ou inconfortables ? Si nous dormons avec un oreiller ? Sur des matelas moelleux ou durs ? L'odeur de la terre ? Du ciel ? Du soleil ? Si le soleil et le ciel ont une odeur ici ? " 
Edgar Hilsenrath, Le nazi et le barbier, Ed. Points/Seuil.

lundi 19 février 2018

PEAU DE ZEBI ET BALAI DE CRIN, chronique 2

ACQUIS, INNE, HERITAGE & HEREDITE

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Le goût de l'acquis serait-il inné ?

Formulons autrement : la personne qui possède un bien désire-t-elle, naturellement, accroître ce bien acquis ? Au-delà, conforter la jouisssance de ce bien, nourrit-il l'expérience de la possession, l'envie d'accumuler encore et encore ? Pareil au furet de la comptine, cette question court sans cesse, de Crésus à Harpagon, de François d'Assises à Jean-Jacques Rousseau, de Gandhi à Johan August Sutter. Elle passe par ici, repasse par là, déchire les familles, fait se retourner les petites gens, par surprise, virevolter les défunts sous leurs pierres tombales et nourrit les notaires. Elle court les rues et les boulevards, elle traverse les ponts et les frontières, elle fourre les comédies et les chansons.

A propos de famille et de chanson, chacune et chacun sont tenus de choisir entre l'amusement, l'agacement, la consternation, la passion face à l'actualité des... Vous voyez ce que je veux dire ? Non. Mais si, voyons, cette querelle de clan, cette bataille entre coeur, pique, trèfle et carreau ! Allons, tout l'hexagone en tremble. Deux mois auparavant, on organisait le spectacle des funérailles paternelles avec le bon sens du symbole tragique, du geste populaire et le bel usage des lunettes noires. Désormais, les enfants du défunt s'mettent à chercher des sous dessous le matelas de la marâtre. C'est épatant, aurait dit l'homme de lettres mutin, à la voix aigrelette et au crayon en berne, l'immortel qui partit un poil juste avant. La succession de l'artiste biker deviendra-t-elle un feuilleton, une série croquignolesque ? 

Cendrillon

- Cendrillon, bonjour Cendrillon.

- Oui ?

- Dis-moi, lorsque ton pauvre papa se livre pieds et poings liés à sa seconde épouse, tu tombes bien bas, n'est-ce pas ?

 - Plus bas que cendres.

- Certes, certes. Je résume : d'abord sous la coupe de ton horrible belle-mère et de ses deux bécasses de filles, puis sous l'influence de ta chère marraine qui profite de ta confiance aveugle pour te faire avaler couleuvres et citrouilles, et, à la fin du compte...

- Du conte ?

- ... tu épouses ton bellâtre de prince, amoureux fétichiste de pantoufles ! Mariage réussi au regard du plus grand nombre puisque tu entres alors dans le patrimoine royal. Tu deviens une belle pièce de collection patriarcale.

- C'est une vision trop moderne, une remarque d'un lecteur de ton époque.

- Et tu entres aussi dans le patrimoine littéraire, ce fourre-tout culturel où flotte, surnage et se noie notre langue maternelle...

- Je ne suis pas sûre de tout comprendre.

- Moi non plus. Cependant, Cendrillon, franchement, et j'en arrive à l'essentiel de mon présent appel, à parler vrai, jamais l'indépendance ou le simple soupçon d'autonomie ne traverse ta jolie tête d'enfant sans caractère ? Toujours protégée ou soumise, tu restes dans le regret de ton papounet ?

- Mon cher papa ! Il ne s'est jamais bien remis du départ de celle qui reste la femme de son coeur, de sa vie...

- L'histoire ne le précise pas, mais il me semble qu'une fois casée dans les bras du prince, tu abandonnes sans regret ton molasson de père à sa mégère.

- Mon pauvre, pauvre papa.

- Qu'est-ce qu'il a bien pu lui trouver à cette colonelle, si ce n'est l'occasion d'assouvir ses faiblesses - certainement innées - panser son ennui et se soulager de ne plus devoir diriger sa vie et ses aléas, n'est-ce pas ?

- Il faut reconnaître à ma belle-mère un certain sens pragmatique des affaires, une maîtrise pour le gouvernement domestique et domanial de sa gentilhommière. 

- Le terme de maîtresse-femme convient donc. Je suis convaincu qu'en acquérant ou héritant quelque pouvoir et les attributs qui l'accompagnent, toute personne, homme ou femme, sera tentée d'adopter des réflexes autoritaires ; seule la volonté résistera à cette naturelle tendance. Quoi qu'il en soit, Cendrillon, une question encore... N'as-tu aucune honte, aucune gêne, aucun malaise à héberger tes demi-soeurs au château princier ? Selon Charles Perrault, tu les introduis à la Cour ? Je soupçonne que cette décision résulte d'une intention secrète, d'un profond désir - acquis dans l'expérience des humiliations passées - d'une revanche sans magie, sans douze coups d'horloge, sans musique de bal, sans pantoufle en écureuil...

- Suis-je si perverse à tes yeux ? Et la bonté du coeur ? Serais-tu un homme désenchanté ?

- Entendu. Je te laisse à ta naïveté ou à ta machination comme je laisse les héritiers du chanteur motocycliste de tout à l'heure à leurs ruminations, combines et tours. Aux échecs, il faut savoir roquer à temps.

- Motocycliste ? Il faut savoir... ro-quoi ?

- Motocycliste... vois-tu, une sorte de cavalier. Roquer, Cendrillon, r-o-q-u-e-r, avec un "q". Le roque permet, en un seul coup, de mettre la pièce essentielle à l'abri et de mobiliser un secours puissant. Trop tôt, c'est inutile, trop tard c'est une faute.

- Je ne joue qu'aux dames.

- Je m'en doutais. 

L'Ami intime

Héritage, hérédité, deux termes questionnant la transmission entre générations. Que reçoit, que conserve, que possède Marc en perdant son père dans L'Ami intime, le court roman de Catherine Rey. Une lecture toute en rondeur, de huis clos en scènes miniatures où les silences relèvent les paroles consenties. Un petit monde de boutiques encombrées d'objets et de souvenirs. Un père, veuf, au terme de son  existence chez un fils plaqué par son épouse. Un secret recouvre le passé tandis que les gens travaillent. Leurs ressources, seule manière de se mettre à l'abri du besoin, résultent dans le labeur quotidien, accompli avec le contentement de bien faire. Face à face, Marc, le fils, fonctionnaire et le père qui fut coutelier, commerçant déçu par le choix professionnel de son garçon qui se montre incapable de conserver sa  compagne. Le vieil homme meurt au bout d'un séjour en maison spécialisée. Marc, seul, se débarasse des ultimes objets dans la chambre qu'occupait son père. Il trouve le certificat de son propre baccalauréat, s'en étonne. Le reste, trois sacs et un carton, part à la décharge. Toute décharge publique reçoit détritus, gravats de démolition, bref, ce qui encombre. Se décharger, c'est se délester, enlever un poids, un fardeau. A charge et à décharge, dit-on lors d'une enquête criminelle ! Marc n'a pas l'intention de porter le passé de son père. Presque par hasard, le secret de ses parents lui parvient, à demi-mots. Le hasard se charge, lui, de susciter des remarquables coïncidences. Quiconque reste libre d'oublier un peu, beaucoup, sans folie... "J'oubliais que les gestes qu'il aurait dû avoir, il ne les avait pas eus. J'oubliais que les gestes que j'aurais dû avoir, je ne les avais pas eus. J'oubliai." 

Peut-être est-il des enfants qui, dans l'attente désespérée de gestes jamais venus, quêtent autre chose ou encore autre chose, voire aussi autre chose, par défaut ? La monnaie est d'argent lorsque le coeur est d'or.

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Lydia Flem, au décès de sa mère, ne sait si elle range ou si elle vide la maison parentale. Le titre de son ouvrage tranche, il s'agit bien de vider : "Comment j'ai vidé la maison de mes parents". Cela rappelle le mode d'emploi : "Comment jouer du ukulélé" ou "Comment manager une équipe de hackers". Umberto Eco, lui, nomme "Comment voyager avec un poisson" un recueil de malicieux postiches et pastiches. Ce terme, comment, en début de titre, n'attend aucun point d'interrogation. Lydia Flem n'interroge pas, elle annonce de quelle manière elle entreprend le vidage du lieu où vécurent ses parents. Loin des vide-greniers d'automne ou de printemps, l'épreuve nous touche. Nous l'avons subie, nous la subirons. "Certes, il faudra trier, évaluer, classer, ordonner, emballer, mais aussi choisir, donner, jeter, vendre, garder, et aubout du compte - sauf si l'on vit de génération en génération dans un même lieu où s'accumulent les strates du passé - c'est bien de "vider" la maison de nos parents que nous sommes chargés." Elle confie la façon dont elle sort les objets qui peuplent le logement parental. Elle décrit cette activité et ses effets  dans sa chair, dans sa mémoire, dans son coeur, dans son être changé par l'épreuve. Quelle valeur accorder aux choses ? "Je suis pour les donations et contre les héritages. Il faudrait toujours faire un testament, désigner nommément ce qu’on souhaite léguer et à qui on le destine. La passation d’une génération à l’autre ne devrait pas aller de soi, elle devrait être un choix, une offrande, une transmission explicite, concertée, réfléchie, et non pas seulement une convention, un laisser-faire passif, une résignation. J’héritais, j’aurais aimé recevoir." Lydia Flem oppose deux verbes, léguer et hériter. Le legs sous-entend une volonté de transmettre un bien, une intention réfléchie : ceci, je te le donne, je te l'offre. L'héritage attribue par droit légal : ceci te revient, tu peux le prendre. Dans le chapitre "Le rien et le trop", piochons quelques mots : sacrilège, profanation, démembrement, dévastation, vandalisme, dépareiller, disperser, séparer, désordre, désolation... Lydia Flem est fille unique, tout le poids du vidage la rend "irrésolue, accablée, impuissante". Elle ouvre l'armoire de sa grand-mère, se souvient de sa tendresse. La garde-robe de sa mère, curieusement, retrouvera "une nouvelle vie" dans les mains d'une amie qui se les réappropie à sa guise. Les objets vivent plusieurs fois, affirme-t-on. Un temps pour retrouver, un temps pour oublier ; un temps pour acquérir, un temps pour offrir ; un temps pour aimer, un temps pour aimer encore. Et si Lydia Flem referme la porte de la maison, vide, elle ne place aucun point final à la dernière phrase. On vide mais on vit et on vivra en survivants. 

Peut-être est-il des enfants qui, dans l'attente désespérée d'un legs jamais venu, quêtent, par défaut, un bout d'héritage ? "J'ai ce que j'ai donné", telle fut la devise que Jean Giono choisit pour figurer dans son ex-libris. Sa fille, Sylvie Durbet-Giono, a vendu d'une part la maison de ses parents à la commune de Manosque et d'autre part les livres, meubles et autres objets à l'Association des amis de Jean Giono. La maison du Paraïs n'est pas vidée. 

L'Ami intime de Catherine Rey, Editions Le temps qu'il fait & Comment j'ai vidé la maison de mes parents de Lydia Flem, Editions du Seuil, Points.

LIBRE A CHACUNE ET A CHACUN, CI-DESSOUS, D'APPRECIER, DE COMMENTER OU DE PARTAGER.

vendredi 16 février 2018

ATELIER D'ECRITURE 77 :Bibliothèque de St-Galmier

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ATELIER D'ECRITURE

Bibliothèque de St-Galmier, Loire

​Mercredi 28/02/18 
18h30-20h30

Ces portraits qu'on tire

 "César Soubeyran approchait de la soixantaine. Ses cheveux, rudes et drus, étaient d'un blanc jaunâtre strié de quelques fils roux ; de noires pattes d'araignées sortaient de ses narines pour s'accrocher à l'épaisse moustache grise, et ses paroles sifflotaient entre des incisives verdâtres que l'arthrite avait allongées.​ (Marcel Pagnol, in Jean de Florette, Ed. Livre de poche)​

Contact : Bibliothèque Au jardin des livres, 04 77 52 59 37.
Conception & animation : Cista La griffe des mots

mercredi 24 janvier 2018

ATELIER D'ECRITURE 76 : Médiathèque de St-Symphorien/Coise

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UN SOUPCON

DE COÏNCIDENCE TROUBLANTE 

Atelier d'écriture 

Saison 2017/2018 

Dixième année

Médiathèque Mot @ Mot
Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​
Lundi 05/02/2018 / 19h30/21h30
  
​"On parle de coïncidente troublante quand on est certain ni qu'une chose soit fausse ni qu'elle soit vraie." ​D'après Tom GriffithsCauses, coïncidences et théories, Université de Berkeley.

mardi 23 janvier 2018

PEAU DE ZEBI ET BALAI DE CRIN, chronique 1

Le jardin nous habite.  

Le jardin nous habite autant que nous l’habitons. 

De l’enfance à la vieillesse nos sens fleurissent au jardin. Nous méditons à l’ombre de jardins de curé et paradons au soleil des jardins de Versailles. Notre mythologie le crie, le jardin se mérite et nous perd. La fonction ancestrale de jardinier ne soumet pas la nature mais s’ajoute à sa générosité. Le jardinier crée par alliance. Le jardinier, l'amateur d’œillets, le planteur de salades, l'inventeur de labyrinthes, l'architecte paysagiste, tous engendrent des jardins merveilleux et extraordinaires où s’ordonnent les rais de lumière et les volutes de l’air. 

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Le jardin s’urbanise. Les jardins ouvriers de l’abbé Lemire et les jardins familiaux du docteur Schreber s’effacent devant les jardins partagés. Le jardinage à la papa recule devant la permaculture, la grelinette expédie au rayon des antiquités la bêche de grand-mère. Des ruches bourdonnent sur les toits, des micro-jardins embellissent les balcons, des fermes verticales (hydroponiques ou aéroponiques) verdissent les immeubles de banques internationales et les tours de grands hôtels. Ce siècle sera-t-il agricole ? La famine mondiale reculait depuis dix ans. A la faveur des conflits armés, des pluies excessives et des sécheresses répétées, de la confiscation des sols en faveur des cultures industrielles, elle redevient un fléau qui fauche les plus pauvres. Plus que jamais nous avons besoin de jardins d’agrément pour nous nourrir, de potagers pour éveiller nos pensées, de vergers pour nous enraciner. 

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À dix pas d’Ambert, en Livradois, le Jardin pour la Terre d’Arlanc offre un abri de curiosité, invitant M. Trucmuche à la pratique de la flânerie étonnée. On découvre une plante, on s’attarde pour mieux entendre, on reconnaît une essence, l’Histoire se raconte, la mémoire s’expose. Tout témoigne d’une culture, d’un monde en représentation. L’amateur de cartes n’en revient pas, s’étonne, s’égare. Immobile, il renouvelle ses voyages et se perd à jamais. Dans ce lieu de l’éphémère, le vent paresse. Il s’éprend de senteurs connues et de couleurs dispersées, il se prend d’amitié et de complicité pour une nature généreuse et un homme créateur. M. Trucmuche en oublierait l’essentiel : se mettre en scène. Car, initié par ses enfants, le bonhomme ne visite plus rien sans leur envoyer un selfie (qu’au Québec on nomme égoportrait). Il tend le bras, brandit la perche que lui offrit son petit-fils au dernier anniversaire, sourit et multiplie son image. Il fige, cristallise, accumule, enregistre, conserve, comptabilise son visage dans mille lieux remarquables et singuliers. Plus tard, hors saison, commémorera-t-il ses voyages extraordinaires ? Suggérons qu’au Jardin de la Terre, aux jardins de nos pères, aux jardins de nos coeurs, on lâche nos jouets boulimiques pour poser notre regard. Ainsi deviendrons-nous meilleurs photographes, plus capables de remarquer l’inhabituel, plus dignes de fixer la lumière, peut-être ?

Numériser

Les poètes descendent au jardin. Les romanciers s’y installent. Jean-Paul Goux, dans Les jardins de Morgante, aligne de longues phrases cadencées où s’entremêlent les voix des personnages. Ils sont quatre, un architecte, un photographe, un philosophe et un jardinier. Les voici, un an durant, condamnés à vivre ensemble dans la propriété de Morgante, avant sa destruction, pour inventorier le patrimoine préservé de cet écrivain disparu. Chaque soir ils se retrouvent et racontent leur découverte quotidienne dans l’immense demeure, dans l’immense jardin, dans l’immense bibliothèque. Chaque récit dénude son auteur. Les saisons s’incarnent. Saisons d’une année en marge, saisons des cycles passés. Les vies se tissent et l’amitié se délace. À ouvrir sous une tonnelle, sous un arbre, sur un banc, le dos au mur, en tout cas à l’extérieur. Ne pas craindre de lire à haute voix pour bien mâcher la fibre syllabique des phrases. Mignonne, allons voir si la prose… émerveillement garanti. 

A31764

Gabrielle Van Zuylen lit les jardins. De l’Éden biblique au jardin en mouvement de Gilles Clément, elle traduit dans Tous les jardins du monde comment chaque société saisit la nature et l’arrange à sa culture. La mise en page comble les yeux. Tout est ordonné mais à l'envie on papillonne. Photo, caricature, peinture, plan, texte, chaque élément est choisi avec un soin exquis. On lit en passant, on cueille une date, on goûte un point de vue, on touche terre. Chaque relecture fait miel. Déclarons que ce livre est un jardin, sans vergogne. S’y plonger provoque le sentiment de trouver un lieu de retraite momentanée.  À lire le soir, juste avant que le ciel s’étoile.

On mérite, je crois, la moindre de nos rencontres. Des livres comme des gens. 

Les jardins de Morgante, Jean-Paul Goux, Babel, Actes Sud & Tous les jardins du monde, Gabrielle Van Zuylen, Découvertes Gallimard.

mercredi 17 janvier 2018

ATELIER D'ECRITURE 75 : Bibliothèque de St-Galmier

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ATELIER D'ECRITURE

Bibliothèque de St-Galmier, Loire

​Mercredi 24/01/18 
18h30-20h30

Ces objets qui nous font écrire

 "Ma première deux-chevaux est bleue avec des sièges jaunes, toute fraîche repeinte je m'en servirai des années, et si mon père avait prévu le nombre de collages d'affiches et de distributions de tracts à quoi elle serait employée dans mes années étudiantes, peu probable qu'elle m'eût été accordée. 

(François Bon, in Autobiographie des objets, Ed. du Seuil)​

Contact :Bibliothèque Au jardin des livres, 04 77 52 59 37.
Conception & animation : Cista La griffe des mots

lundi 8 janvier 2018

ATELIER D'ECRITURE 74 : Médiathèque de St-Symphorien/Coise

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COÏNCIDENCE & HASARD

Atelier d'écriture 

Saison 2017/2018 

Dixme année

Médiathèque Mot @ Mot
Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​ 
Lundi 15/01/2018 / 19h30/21h30
  
"Ce fut l'une de ces rencontres accidentelles qui semblent surgies du néant par hasard - rameau brisé par le vent, tombé soudain à vos pieds.
Paul Auster, in La Musique du hasard, Babel, Actes Sud.

 

jeudi 28 décembre 2017

GRIFFONNADE 334 : Sens et cohérence

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Agir avec un brin de sens et un soupçon de cohérence ?

SENS : qualité de ce qu'on peut appréhender avec la raison et qui donne une signification voire une direction, un objectif à l'action entreprise.

COHERENCE : qualité reconnue lorsque des éléments d'une action sont étroitement liés donnant une construction logique et harmonieuse. 

Créer une situation avec peu ou prou de sens et de cohérence conduit à 4 combinaisons :

2 combinaisons non dangereuses

  • cohérence & sens : situation équilibrée, idéale et rare
  • cohérence sans sens : situation la plus fréquente et habituelle

2 combinaisons dangereuses :

  • sens sans cohérence : situation propice à l'idéologie et au sectarisme
  • ni sens ni cohérence : situation menant au désordre, à la folie, à la démence

Invitation à mesurer à l'aune du jugement personnel la quantité de sens et la qualité de cohérence qui tissent nos actes... Hop, fichtre et diantre.

Citation : "... il n'y a rien de plus destructeur qu'un artiste qui acquiert du bon sens avant d'avoir fait entièrement exploser le monde de ses perceptions et acquis la grâce nécessaire pour leur retrouver une cohérence." Jim Harrison, in La Route du retour.

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lundi 4 décembre 2017

ATELIER D'ECRITURE 73 : Médiathèque St Symphorien/Coise

PREQUEL & SEQUEL

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Atelier d'écriture 

Saison 2017/2018 

Dixme année

Médiathèque Mot @ Mot
Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​ 
Lundi 04/12/2017 / 19h30/21h30
  
"Je garde l'oeil sur l'histoire, sur l'intrigue, et j'élimine tout et tous ceux qui n'y contribuent pas. je simplifie la condition humaine des personnages et complexifie le monde dans lequel ils vivent. 
​Steve Tesich, in Karoo, Ed. Monsieur Toussaint Louverture

 

jeudi 9 novembre 2017

ATELIER D'ECRITURE 72 : Bibliothèque Saint-Galmier

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ATELIER D'ECRITURE 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

​Mercredi 29/11/17
de 18h30 à 20h30

​Thème : ​Histoires de chat (suite et fin)

 

"Dis-moi comment tu appelles ton chat et je te dirai qui tu es. Cela va de soi.​ (Frédéric Vitoux, Dictionnaire amoureux des chats)​
Contact :Bibliothèque Au jardin des livres, 
04 77 52 59 37.
Conception & animation : Cista La griffe des mots

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lundi 30 octobre 2017

ATELIER D'ECRITURE 71 : Calendriers des séances / Saison 2017/2018

ATELIER D'ECRITURE / Mts du Lyonnais

Saison 2017/2018 / Dixième année

Médiathèque Mot@mot

69590 Saint-Symphorien-sur-Coise

Séance mensuelle de 19h30 à 21h30.

Lundi 16/10/2017

Lundi 06/11/2017

Lundi 04/12/2017

Lundi 15/01/2018

Lundi 05/02/2018

Lundi 12/03/2018

Lundi 14/05/2018

Lundi 04/06/2018

Lundi 25/06/2018

ATELIER D'ECRITURE / Côteau baldomérien

Saison 2017/2018 / Deuxième année

Bibliothèque Au jardin des mots

42330 Saint-Galmier

Séance mensuelle de 18h30 à 20h30.

Mercredi 20/09/2017

Mercredi 25/10/2017

Mercredi 29/11/2017

Mercredi 24/01/2018

Mercredi 28/02/2018

Mardi 27/03/2018

Mercredi 25 avril 2018

Mercredi 30 mai 2018

Mercredi 20 juin 2018

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ATELIER D'ECRITURE 70 : De l'idée à l'histoire

PASSER DE L'IDEE A L'HISTOIRE

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Atelier d'écriture Saison 2017/2018

Dixième année
 
Médiathèque Mot @ Mot
Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​ 
Séance 2 
Lundi 06/11/2017
19h30/21h30
 
​"Un bon écrivain se reconnaît moins
à ce qu'il a publié
qu'à ce qu'il a jeté
à la poubelle."
Gabriel Garcia Marquez.
Conception & animation : Dominique Citerne 
Diplôme Universitaire d'Animateur d'Atelier d'Ecriture​

mardi 24 octobre 2017

ATELIER D'ECRITURE 69 : Histoires de chat, bibliothèque de Saint-Galmier

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ATELIER D'ECRITURE 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Mercredi 25/10/17 de 18h30 à 20h30

Thème : ​Histoires de chat​

"Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine..."
​ (Charles Baudelaire)​
Contact :Bibliothèque Au jardin des livres, 
04 77 52 59 37.
Conception & animation : Cista La griffe des mots

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GRIFFONNADE 333 : Roman ou récit ?

(d'après des notes prises à la sauvette, à l'écoute de Michel Houellebecq, sur les ondes, en 200?)

"Le roman triomphe désormais de partout au détriment de la poésie et du théâtre" 

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La forme narrative du roman s'impose, on s'ennuie aujourd'hui s'il n'y a pas de narration : les films de publicité, les scénarios du grand écran, les reportages, les documentaires, tout, fiction ou pas, doit suivre les règles de la narration. Le monde de la fiction, impérialiste, forme notre esprit à bien recevoir les histoires et à perdre de l'intérêt lorsqu'on s'en éloigne. Voyons les documentaires historiques... Les évangiles utilisent une trame romancière. Pascal Quignard, l'écrivain, est-il un romancier ?

Le récit, lui, est le lieu de mise en doute du roman ! Le récit est un texte qui se voit privé des pouvoirs du roman car il opacifie l'acte narratif dont il procède, il interroge les personnages et la nature de la participation du lecteur. "La soirée avec M. Teste" (Paul Valéry) semble être à la naissance du récit contemporain.

Le surréalisme condamne le roman. Une certaine tradition intellectuelle française condamne le monde imaginaire. On voit combien l'omniprésence de la ligne narrative se referme de manière homogène. Voir les séries policières ou encore les reportages où l'on entremêle les narrations : on passe d'un sujet A puis à un sujet B pour revenir au A puis au C suivi du B, etc. 

La veine du récit, entreprise comme une fiction réflexive serait plus intéressante, désormais, que le roman.

Lire et relire Pascal Quignard, Pierre Michon, Benoît Peeters, François Bon)...

lundi 9 octobre 2017

GRIFFONNADE 332 : Le cabinet de lecture

CABINET DE LECTURE
Le cabinet de lecture connaît son apogée au début du 19ième siècle. Apparus en zone urbaine autour de 1780, ils sont dirigés par des maîtres de lecture qui louent livres et journaux. Ils déclineront plus tard au profit des bibliothèques enrichies des ouvrages confisqués aux nobles et communautés religieuses ayant choisi l'émigration.
Le cabinet de lecture relève du modèle de la communication, le libre accès aux textes écrits, mettant à disposition du public les nouveaux livres et divers numéros de presse écrite. Les médiathèques contemporaines ajoutent l'autre modèle : celui de la conservation. Elles déclinent désormais ces deux modèles à l'aide de nouveaux supports et ajouteront peu à peu des services complémentaires, de l'aide personnalisée aux activités culturelles de tout poil.
Le cabinet de lecture souvent prend naissance à l'initiative d'un libraire qui vend l'accès aux livres dans son arrière-boutique. Les lecteurs découvrent ainsi des ouvrages trop onéreux, interdits (politiques, philosophiques, érotiques). Certains cabinets de lecture n'ont aucune vocation marchande, ce sont des sociétés littéraires de personnes qui acquièrent ensemble des ouvrages pour les lire et s'adonner au plaisir d'en converser ensuite.
"Cabinet de lecture". L'expression est reprise ici pour s'inscrire dans cette petite histoire de lecteurs partageant leur désir, leur plaisir de la lecture.
Si "le livre est une fenêtre", utiliser l'équipement vidéaste pour communiquer semble opportun.
Notre cabinet de lecture est une suite de témoignage de lectrices et de lecteurs acceptant, devant une caméra, de présenter le livre de son choix afin d'en convaincre d'autres de le lire ou de le relire.

INVITATION : Vous aimez un livre singulier. ce roman, essai ou témoignage, cette bande dessinée ou poésie, ce texte vous ouvre un monde, vous offre un point de vue, vous transmet un sentiment, vous plonge dans une histoire... cette lecture ajoute tant à votre expérience personnelle que vous invitez d'autres lectrices et lecteurs à lire ces pages à leur tour. Contactez-nous pour organiser une séance de "cabinet de lecture" dans votre bibliothèque, médiathèque, librairie".

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ATELIER D' ECRITURE 68 : Tangram-Rallye

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Atelier d'écriture Saison 2017/2018
Dixième année
 
Médiathèque Mot @ Mot de Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)​ 
Séance d'ouverture : lundi 16/10/2017 à 19h30
 
Le tangram, jeu des "sept plaques d'habileté", sera utilisé pour écrire à plusieurs et amènera à mettre en relief quelques principes.
La légende imagine qu'un empereur chinois échappa un carreau de faïence qu'il admirait. Ramassant les sept morceaux brisés au sol, il ne sut reconstituer la forme initiale mais obtint de multiples figures magnifiques.
Conception & animation : Dominique Citerne 
Diplôme Universitaire d'Animateur d'Atelier d'Ecriture​ 

vendredi 29 septembre 2017

GRIFFONNADE 331 : Cabinet de lecture

CABINET DE LECTURE
Médiathèque de ST-Symphorien/Coise (Rhône)
Samedi 30/09/17, de 9h à 12h
Le livre est une fenêtre

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Vous aimez un livre singulier. ce roman, essai ou témoignage, cette bande dessinée ou poésie, ce texte vous ouvre un monde, vous offre un point de vue, vous transmet un sentiment, vous plonge dans une histoire... cette lecture ajoute tant à votre expérience personnelle que vous invitez d'autres lectrices et lecteurs à lire ces pages à leur tour.

Chaque personne pendant quelques minutes présente le livre de son choix dans un petit studio installé ce jour-là dans la médiathèque. Chaque présentation est enregistrée par un camescope. L'ensemble des présentations sera ensuite diffusé.

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mercredi 20 septembre 2017

ATELIER D'ECRITURE 67 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

Saison 17/18
Médiathèque Mot à Mot
St-Symphorien/Coise (Rhône)

Séance inaugurale : lundi 16/09/2017 à 19h30

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Dixième année !   
Cet atelier d'écriture est généraliste
Ici, on écrit tout ce qui est possible d'écrire, de la nouvelle au souvenir, à partir d'une image et de l'imagination, d'un fait divers ou de l'Histoire, seul ou à plusieurs... On écrit et on lit, on écrit et on réécrit, on lit et on relie, on met les doigts dans la pâte langagière.
 
Animer un atelier d'écriture ?
Un atelier d'écriture ne se réduit pas à la reproduction de recettes ou jeux littéraires picorés ici ou là. Quels titres justifient le fait d'animer un tel atelier ? Un diplôme universitaire d'animateur d'atelier d'écriture (2005), un titre de formateur professionnel d'adultes (2009), une pratique d'auteur de chanson (depuis 1976). La combinaison de ces trois compétences conforte une position de garant du cadre et du dispositif mis en oeuvre et l'expérience de gestion d'un groupe de personnes.

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ATELIER D'ECRITURE 66 : Bibliothèque de Saint-Galmier

Atelier d'écriture

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Mercredi 20/09/17 à 18h30

Tirer le fil de l'écriture

Séance inaugurale

Contact : Bibliothèque Au jardin des livres : 04 77 52 59 37

Tout le monde peut écrire sans pour autant devenir écrivain.

Ecrire, comme jardiner ou cuisiner, cela s’apprend par la pratique. Lire et écrire, voilà deux activités jumelles qui ouvrent les portes de l’émotion et de la pensée. L’atelier d'écriture est un lieu de toute confiance sans obligation de résultat ni jugement de valeur. Au fil du temps, il devient, dans l’agenda, un rendez-vous privilégié avec des personnes qui partagent le goût de la langue, la saveur des mots.

L’animateur propose, invite, suscite à écrire (et lire) des textes plus ou moins courts en suivant des consignes ludiques ou pas, précises ou pas, en tout cas toujours engageantes. On apprend avant tout à vaincre la crainte de la page blanche. Ensuite on cherche à ajuster les mots, à peaufiner la phrase. Le groupe entraîne à se dépasser. On écoute la lecture à haute voix des textes obtenus avec humour, avec patience, avec surprise, avec bienveillance. Ecrire en atelier d’écriture, de séance en séance, apparaît comme une curieuse nécessité, voire une curiosité nécessaire.

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jeudi 6 juillet 2017

GRIFFONNADE 330 : Avec Homère

Homère, Enard, Galland, Mardrus, Miquel, Bencheikh et Proust...

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Selon Mathias Enard (Boussole 2015, Actes Sud - Prix Goncourt) la littérature fonde la culture européenne. Celle-ci fabrique des lieux de rencontre, de haute culture et la détruit au faîte de sa puissance : Troie, Grenade, Rome, Byzance...

On dit Homère et on dit tout. L'Iliade, l'histoire d'une guerre, d'une cité puissante, d'une civilisation ; l'Odyssée, l'histoire d'un voyage, d'une errance, d'un amour retrouvé.

En face, les Mille et une nuits, le récit d'un conte recommencé, d'une nuit reportée, d'un amour né dans la patience de l'histoire perpétuelle. Et les deux versions, la traduction prude d'Antoine Galland, la version sensuelle de Joseph-Charles Mardrus. Depuis, en 2005, pour La Pléiade, nouvelle traduction d'André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh. Apparemment, au vu des réactions des lecteurs et des critiques, malgré son coût, cette édition mérite l'acquisition. 

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Marcel Proust, dit Enard, avait deux modèles : les Mémoires de Saint-Simon et les Mille et une nuits. Sa recherche est double : une recherche de l'enfance, une recherche au-delà des interdits. 

Boussole, l'Iliade, l'Odyssée, les Mille et une nuits, les Mémoires et A la Recherche, des oeuvres littéraires foisonnantes et sujettes à être sans cesse lues et relues.

Ulysse et Sinbad, personnages similaires ?

Saint-Simon et Proust, même fascination envers l'actualité aristocratique et manières proches de la rapporter ?

Les grandes oeuvres, anonymes ou pas, se croisent et s'entrecroisent. C'est l'intertextualité de Gérard Genette

Même chose dans les oeuvres musicales, picturales et cinématographiques...

lundi 3 juillet 2017

GRIFFONNADE 329 : Paradoxe de Condorcet

NICOLAS de CONDORCET

Représentant plutôt typique des philosophes, scientifiques et acteurs politiques du siècle des Lumières, avant tout mathématicien, il transpose ses connaissances pour trouver des réponses en matière de fiscalité, d'arpentage, de cadastre. Il fonde la statistique. Il souhaite une réforme sociale guidée par la raison. Il soutient les droits de l'homme, prend la défense des femmes, des juifs, des noirs. Il écrit sur la question de la propriété intellectuelle et le droit d'auteur. Député de Paris il participe à l'instauration du système métrique. Opposé à la peine de mort, il vote contre la mort de Louis XVI, préférant une condamnation à vie aux galères ! Ses critiques contre les Jacobins amèneront son arrestation. Il meurt en prison après plusieurs mois de fuite et cachette durant lesquels il écrit Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain.

Le paradoxe de Condorcet :

Si, lors d'un vote, le nombre de possibilités est supérieur à deux, alors on peut se retrouver devant un paradoxe :

  • le candidat A est préféré à B et B préféré à C ;
  • le candidat C est préféré à A !

C'est pourquoi le mode de scrutin est souvent uninominal à deux tours et que la proportionnelle peut couper court à ce paradoxe.

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mercredi 31 mai 2017

ATELIER D'ECRITURE 65 : Médiathèque St-Symphorien/Coise

ATELIER D'ECRITURE 

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Saison 16/17
Médiathèque Mot à Mot
St-Symphorien/Coise (Rhône)

Neuvième et dernière séance : lundi 12/06/2017 à 19h30
 
L'établi de l'atelier
"Le livre qu'on lit, la symphonie qu'on écoute, les tableaux qu'on voit au musée sont tous des objets finis. Ils ressemblent à des monolithes qui se suffisent à eux-mêmes. Comment les a-t-on faits ?"
Natalie Goldberg. L'écriture.

mercredi 24 mai 2017

GRIFFONNADE 328 : Cé sy ou ki ?

Cénesthésie, synesthésie ou kinesthésie ? 

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Cénesthésie : ensemble des sensations diffuses et plus ou moins vagues qui nous informent sur l'état de nos organes et viscères.

Synesthésiecombinaison spontanée et involontaire de deux sensations produites par des sens de perception différents.

Kinesthésie : ensemble des sensations musculaires et internes qui nous renseignent sur nos mouvements  et la position des membres, des parties de notre corps.

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jeudi 11 mai 2017

GRIFFONNADE 327 : Art poétique de Milan Kundera


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Milan Kundera livre son art poétique, présente son programme artistique dans L'Art du roman

Les grandes oeuvres - et en cela elles sont grandes - contiennent une part d'inaccompli ce qui exige trois nécessités :

  • la nécessité du dépouillement radical : embrasser la complexité de l'existence dans le monde moderne sans perdre la clarté architectonique ;
  • la nécessité du contrepoint romanesque : unir en une seule musique le rêve, la philosophie et le récit ;
  • la nécessité de l'essai spécifiquement romanesque : placer un message non démonstratif mais hypothétique, ludique ou ironique.

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mardi 9 mai 2017

ATELIER D'ECRITURE 65 : Médiathèque de St-Symphorien/Coise

ATELIER D'ECRITURE 

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Saison 16/17
Médiathèque Mot à Mot
St-Symphorien/Coise (Rhône)

Huitième séance : lundi 15/05/2017 à 19h30
 
Du monologue au dialogue
"Un : Quel pied ?
Deux : Regardez mon pied, Monsieur. Prenez votre temps. Alors. Vous ne remarquez toujours rien ?
Un : Ben c'est un pied... Ah ! Vous avez le pied marin ?
Deux: Il me semble, non ?
Un : Je ne suis pas un connaisseur.
Deux : Eh bien, faites connaissance. des pieds comme celui-là, Monsieur, y en a pas dans tous les souliers.  Et des marins comme moi, c'est pas une question d'éducation, c'est pas dans les écoles navales qu'on les fabrique, ça vient quand ça veut et ça vient pas souvent."
Roland Dubillard. Le loup de mer, extrait des Diablogues et autres inventions à deux voix.

mercredi 3 mai 2017

GRIFFONNADE 326 : Attitudes devant l'action

 Sois toi, c'est tout

Jean-Louis-Servan-Schreiber

Dans L'Art du tempsJean-Louis Servan-Schreiber cite le docteur Taibi Kahler (issu de l'école dite analyse transactionnelle) et énumère les attitudes devant l'action qui qualifieraient toute personne.

Ces conduites, selon la thèse de Kahler, résultent de notre éducation familiale, scolaire et sociale. Elles se manifestent instinctivement dès que notre pensée, pour diriger nos actions, néglige ses ressources rationnelles.

  • la conduite du "sois fort" : il décide seul, ne délègue rien à quiconque car il n'a besoin de personne, il prend sur lui, sans admettre la moinde faiblesse puisqu'il ne se trompe jamais ! Il ferait un magnifique capitaine prêt à couler avec son navire.
  • la conduite du "sois parfait" : il ne cesse de réviser les petits détails, n'arrête pas la mise au point de l'action; perfectionniste, il ne prend guère de recul pour bien décider, préférant raffiner, garantir, arranger encore et encore. Il est le contrôleur excessif du chantier du monde.
  • la conduite du "essaie encore" : à ses yeux, la peine l'emporte sur le résultat, le labeur fourni sur le fruit; il veut qu'on sache combien la tâche lui demande de temps, de sueur et même de souffrance car tout est tellement dur, difficile, mais c'est là son courage, son mérite. Il ne refusera pas la légion d'honneur mais la lui proposera-t-on ?
  • la conduite du "dépêche-toi" : il entreprend dans l'ultime minute car la précipitation est la grande justification de son agitation; la respiration brève, la mèche en bataille, il arrive quand on ne l'attend plus. Il est le pigiste qui donne son papier quand on lance l'impression.
  • la conduite du "fais-moi plaisir" : il n'annoncera jamais une mauvaise nouvelle, il ne sait pas dire non, s'engage dans des activités qui ne l'intéressent pas mais qu'il n'a pas su refuser; n'affichant ni objectif ni intention, il voit, soumis à la fatalité, la situation se détériorer. Il est le bon copain spécialisé dans le second rôle du saint-bernard voué aux missions impossibles. 

Invitation en ces jours de course électorale à reconnaître ces conduites dans les actions de nos champions politiques.