La griffe des mots

mercredi 22 mai 2019

ATELIER D'ECRITURE 104 : Ecrire à haute voix

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 8/9, Mercredi 29/05/2019 de 18h30 à 20h30

Thème : Ecrire à haute voix

Comment réécrire un texte en chantier grâce à sa mise en bouche : lire ses phrases pour en trouver la cadence et les modifier pour les rendre audibles.

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37


GRIFFONNADE 366 : PRESENCE

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 Alexandro Jodorowsky distingue l'être culturel, personne formée par les membres de la famille (par injonctions d'imitation) de l'être essentiel, personne programmé par le "supraconscient" (suivant des désirs d'un monde meilleur).

Pour approcher ce distinguo, comparons la pratique de l'attention et la pratique de l'intention.

Dans la pratique de l'attention, les sens de perception sont mis en éveil dans le but que la conscience soit axée sur des gestes et actes corporels. Par exemple lors de la cérémonie du thé pratiquée au Japon où les gestes spiritualisent la matière et aide à être "présent" à l'instant, au monde qui enveloppe la personne.

Dans la pratique de l'intention, il s'agirait de matérialiser une idée, une pensée, d'imaginer une réalité future, de faire qu'une intention devienne unacte. C'est l'exemple de la prière, domaine de l'influx nerveux, de la pensée positive...

La méditation est un mot, une notion qui traverse désormais notre quotidien. Elle relèverait  de la pratique de l'attention. Elle viserait une plus grande présence dans le moment présent.

Le film japonais Dans un jardin qu'on dirait éternel semble une belle illustration de ce concept.

GRIFFONNADE 364 : Stéréotype

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Dis-moi, deux mots...

Quand on demande à quelqu'un de donner rapidement le nom d'un outil, puis d'un arbre, ensuite d'une fleur et enfin de donner la couleur d'une voiture vrombrissante, la plupart du temps on reçoit comme réponses : marteau, chêne, rose et noir !

En cas l'urgence nous puisons souvent dans un lexique communément partagé.

Sans l'exigence de répondre immédiatement les termes choisis seraient moins consensuels.

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FRAGMENT 11 : Chausson et chaussettes

" - Tu me gâtes, mon vieux, un chausson aux pommes ramolo sur une assiette en plastique accompagné d'un jus de chaussettes à peine tiède  dans une tasse ébréchée... C'est Byzance.

 - Je vis sur un grand pied, tu vois !

 - Tu as subi de durs revers ?

 - Oui, mais c'est aussi une façon de montrer les conséquences des restrictions budgétaires que subit notre troupe...

 - Là, on sort du texte initial ?

 - Nous sommes acteurs, nous sortons constamment du texte, mon p'tit vieux. "

Fulbert Gradichot. Intégrale du Théâtre de poche-revolver, Editions des Veilleurs insomniaques

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jeudi 16 mai 2019

ATELIER D'ECRITURE 103 : La maîtrise de l'écriture

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Maîtriser l'acte d'écrire

Utilisons une analogie : comparons avec la maîtrise d'une langue étrangère

On maîtrise une langue étrangère lorsqu'on pense directement dans cette langue sans recourir à la traduction.

On maîtrise l'écriture à condition de ne pas transcrire une parole orale mais en pensant directement dans l'écrit aussitôt qu'on entre dans le geste d'écrire.

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mercredi 15 mai 2019

FRAGMENT 10 : Pluriel de verre

"Le pluriel de verre, affirma-t-il, c'est haltères car un verre désaltère. Puis il commanda un panaché-écureuil."

Fulbert Gradichot. Pépin et pépie, Editions du Paprika d'or.

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jeudi 9 mai 2019

GRIFFONNADE 363 : Incompréhension

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Malgré tout...

  "Le plus étonnant n'est pas l'incompréhension, mais que, compte tenu des espaces infinis qui nous séparent, nous parvenions parfois à nous comprendre."

(D'après André Malraux) 

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mercredi 8 mai 2019

FRAGMENT 9 : Anges gardiens

"Je ne crois pas du tout aux anges gardiens mais je m'en méfie ! Ils sont pire que les taupes des services spéciaux... Vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas ?"

Fulbert Gradichot. Une compote de complots, Editions du Grand n'importe quoi.

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jeudi 2 mai 2019

GRIFFONNADE 362 : Eviter la guerre

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Communication animale

Posture de menace, de soumission, de ritualisation du combat, offrandes amicales... autant de signes de communication qui contribuent à stabiliser les contacts, pacifier les relations, éviter que les conflits ne dégénèrent en une violence sans limites.

Chez l'animal, communiquer c'est souvent éviter la guerre.

(Notes de lecture, Communication, Éditions Sciences Humaines)

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mercredi 1 mai 2019

FRAGMENT 8 : Boeuf

" - Un gîte à la noix n'est pas qu'une pièce de boeuf, dit-elle extrêmement déçue par son dernier séjour sur la côte.

 - Une pièce de boeuf nerveuse n'est pas toujours un extrait musical improvisé par de bons instrumentistes de jazz, répondit-il en repoussant son assiette."

Julbert Gradichot. Par monts et par vaux, journal d'une touriste en solex, Editions de la Soupe à la limace.

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dimanche 28 avril 2019

GRIFFONNADE 361 : Autonomie et indépendance

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La personne autonome choisit les règles auxquelles elle se soumet. La personne indépendante ne se soumet à personne d'autre. 

Jean-Paul Dekiss (biographe de Jules Verne) à propos de l'écrivain, enfant, remarque : "L'enfant balance entre le rêve d'intégration au monde adulte et l'insouciance à ce qui l'entoure, entre sa dépendance à ses parents et l'autonomie qu'il conquiert avec le sentiment de se construire sans limites.

L'indépendance renferme aussi pour Jules Verne un sens citoyen que le XXième siècle a transformé en concept général de liberté apparu plus efficace contre les dérives totalitaires. Mais l'indépendance, plus concrète, plus matérielle, plus innocente, reparaît comme valeur essentielle dès lors que le totalitarisme des idéologies est remplacé par celui de l'économie."

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vendredi 26 avril 2019

FRAGMENT 7 : Bonheur du jardin

"Les jardins heureux ont tant d'histoires."

Fulbert Gradichot. Chants champêtres, Editions du Blé qui lève.

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jeudi 25 avril 2019

GRIFFONNADE 360 : Une espèce parmi les autres

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Théodore Monot, un homme dont se souviennent les dunes

Son humanisme se portait au-delà de la communauté des seuls êtres humains 

"Il nous faut prendre conscience que nous sommes solidaires des autres êtres vivants. Le fait de l'évolution n'est pas niable. Son acceptation doit renforcer en nous le sentiment d'appartenance à un ensemble commun, à une entreprise commune. D'où la nécessité de respecter les autres partenaires de cette aventure."

Terre et Ciel, Editions Actes Sud.

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ATELIER D'ECRITURE 102 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture  
11ème année
Médiathèque, 
Saint-Symphorien/Coise 
(Rhône)

Séance 8/9

Mardi 07/05/19

De 19h30 à 21h30

Thème : La narration selon Vladimir Propp

Sans établir un corset narratif théorique, le folkloriste Vladimir Propp propose un constat simple et une conclusion audacieuse : malgré leur diversité, tous les contes seraient construits selon un même schéma.

Il devient surprenant de   dégager l'organisation interne des histoires, la structure même des récits humains.

Il sera question de schéma narratif et de schéma actantiel.

vendredi 19 avril 2019

FRAGMENT 6 : Kangourou

"Chateaubriand devant le kangourou crée le mot composé "quadrupède-sauterelle". Devant le Kangoo roux de son père qui l'agace et le contrarie sur tout pour un rien, un ado marmonne "caisse à tapin et tire à pecno". Qui a le plus d'imagination ?

Fulbert Gradichot. Causerie sur un quai embrumé, Editions de l'horloge intime.

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vendredi 12 avril 2019

FRAGMENT 5 : Chien ou chat ?

"Il adorait les chiens, elle préférait les chats. Ils vécurent longtemps heureux et sans enfant."

Fulbert Gradichot. Nativité et natalité, Editions Une place au soleil.

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FRAGMENT 4 : Intermède

"Un intermède se place entre deux actes d'une pièce de théâtre afin de divertir le public. Si l'oeuvre ne vaut pas un clou ni un sou, on parle volontiers d'intermerde."

Fulbert Gradichot. Un monde sans envers, Editions Le Modeste Croquignol.

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vendredi 5 avril 2019

FRAGMENT 3 : Couché ou debout ?

"Les arbres paraissent plus grands couchés que debout. Les idoles, c'est l'inverse."

Fulbert Gradichot. Des arbres et des statuesEditions Dubois.

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lundi 1 avril 2019

ATELIER D'ECRITURE 101 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 7/9, Mercredi 17/04/2019 de 18h30 à 20h30

Thème : Un jardin d'exploration et d'extimité

L'exploration d'un jardin conjugue le déplacement, l'observation et quelquefois la recherche. Elle s'appuie avant tout sur une curiosité issue de l'enfance.

L'extimité - terme créé par Michel Tournier - s'oppose à l'intimité. Parcourir un jardin et  s'arrêter face à ce qui s'expose et s'offre aux yeux de tous nous éloigne du superficiel et du superflu ; au contraire cela nous éveille à l'apparence, à la présence, à l'existence de ce qu'on perçoit un court instant peut-être, une odeur, un mouvement ou une rugosité qui ranime un souvenir, qui crée un plaisir neuf. Tant mieux si, en prime, cela nous donne à penser. 

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

vendredi 29 mars 2019

GRIFFONNADE 359 : Aimez-vous Giono ?

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Depuis Giono... 

Jean Giono, 1895-1970. Cinquante ans après sa disparition, le Mucem offrira à l'automne prochain la plus grande exposition  jamais consacrée à l'écrivain. 

Et, à trois jets de pierre, le musée Regards de Provence honorera le travail de Lucien Jacques, celui dont l'amitié accompagna longtemps Giono et les siens.

Les deux associations des amis des... deux amis (amis de Giono, amis de Jacques) tiennent à ce que les deux expositions soient jumelées. On fête Jean Giono, on fête Lucien Jacques, on fête ainsi leur histoire. Si l'écriture ou la peinture est un travail de solitaire, lire ou contempler est un moment de connivence.

Agnès Castiglione, experte de l'oeuvre de Pierre Michon, prépare un Cahier de l'Herne dédié à Jean Giono. Il est grand temps !

Sylvie Giono, cadette de l'écrivain, affirme relire les ouvrages de son père en fonction de ses états d''âme. Elle choisit de prendre tel ou tel livre comme elle choisirait tel ou tel médicament. Saviez-vous qu'en possédant des Giono sur un rayonnage, vous disposiez  d'une pharmacopée pour apaiser les maux de votre âme ?

D'où l'invitation suivante... Voici un petit questionnaire. Formulez vos réponses, seul, seule, à plusieurs, oralement ou sur le papier, qu'importe. Si le coeur vous en dit, déposez-les ci-dessous comme des messages jetés au large (clic sur "commentaires" ci-dessous).

Puis relisez quelques pages ou toutes les pages gioniennes.

1. Quel livre de Jean Giono avez-vous lu en premier ? A quel âge ?

2. Quel livre de Jean Giono vous touche le plus, vous bouleverse le plus ?

3. Quel autre auteur la lecture de Giono vous a-t-elle fait découvrir ?

4. Si Giono vivait encore, que lui diriez-vous en tête à tête ?

5. Quel livre de Giono conseilleriez-vous de lire pour apaiser quel mal de l'âme ?

jeudi 28 mars 2019

FRAGMENT 2 : Cheval et Dada

"N'oublions pas que le facteur Cheval n'a rien à voir avec Dada."

Fulbert Gradichot. De l'art dans l'écurie, Editions du Hennissement sociétal.

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lundi 25 mars 2019

ATELIER D'ECRITURE 100 : Médiahèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture  11ème année
Médiathèque, Saint-Symphorien/Coise (Rhône)

Séance 7/9, mardi 02/04/19 de 19h30 à 21h30

Thème : L'intrigue dramatique

"La dramaturgie est une science exacte dont personne ne connaît les lois." (Tristan Bernard)

L'ensemble des cas dramatiques inventorient les diverses caractéristiques humaines. On peut les réduire à environ une douzaine ; leur liste permet de faire rebondir une intrigue dans une direction, une piste, un champ de possibilités nouvelles.

jeudi 21 mars 2019

FRAGMENT 1 : Débattre et convaincre

"Il est bon de convaincre sans vaincre et de débattre sans battre. Cela dit, il est nécessaire et rassurant d'avoir cons battus et cons vaincus."

Fulbert Gradichot. L'âge d'or de la logorrhée et de l'aphasie, Editions Les perroquets associés.

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jeudi 14 mars 2019

GRIFFONNADE 358 : Michel Greg, Achille Talon et Tintin

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Clin d'oeil, hommage et autoportrait

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1983. Michel Greg signe un nouvel album (le énième) de son gros héros bourgeois préféré : Achille Talon et la vie secrète du journal Polite". La première image de la page dix nous entraîne à la Superfoire de la BD de Chamboulême. Greg ironise, écratigne, regrette une époque qui le quitte. A gauche de l'image, Papa Talon évidemment profite de la buvette. Le moustachu brun contre la toile de tente, serait-ce Fred ? Près de l'entrée de la tente, sous le haut-parleur... tiens, tiens, Tintin. Milou bien sûr l'accompagne (y a pas plus fidèle que lui, à la ville, à la campagne, l'admirable Milou suit... chantait-on jadis). 

Hommage à Hergé qui lui commanda deux scénarios (payés recta) restés en suspens. Michel Greg, toujours très actif, dirigea de 1965 à 1974 la rédaction de l'hebdo que créa Hergé. Au bout d'un an aux manettes, il confie "j'ai élagué un peu et j'ai introduit mes bonhommes..." C'est à dire Dany (Olivier Rameau), Dupa (Cubitus), Hermann (Bernard Prince), Turk (Léonard) , De Groot (Robin Dubois), Vance (XIII), Paape (Luc Orient)... Une main en or, dirait-on à une table de jeu.


En 1972 au festival de Lucca le journal est reconnu "meilleure revue européenne de BD". Hergé estime le talent de Greg mais sans approuver franchement sa ligne éditoriale. Hergé s'éloigne de l'entreprise bédesthique, l'époque le respecte mais exige davantage de production. Les albums se consomment, les éditeurs grossissent leurs catalogues.

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1977. Dernière page du Roi des Zôtres, Achille Talon, trente secondes auparavant, vient de rapeller à Hilarion Lefuneste que ce sont ses "tribulations" qui viennent d'être racontées et non celles de son comparse. Les lunettes noires qu'il porte l'empêche-t-il de reconnaître son créateur ? Car, tiens, tiens, coucou, qui voit-on ? Greg. Un auteur  à peine grisonnant, l'air ailleurs, cigarette au bec. François Corteggiani se souvient : "Il fumait des mentholées, il appelait ça des dentifrices..." Greg croise son personnage sans s'arrêter, sans le dévisager, sans  attacher plus d'importance que cela à cet événement qu'il crée en se plaçant au premier plan. Hop et bof. Tout est fumée.

jeudi 7 mars 2019

ATELIER D'ECRITURE 99 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 6/9, Mercredi 13/03/2019 de 18h30 à 20h30

Thème : Un jardin de réécriture

Les jardins nous sont nécessaires. Ils témoignent de notre présence sur cette planète. Ils sont liés aux mythes, aux contes, à l'Histoire. Prince, campagnard, poète, ouvrier, romancier, religieux, beaucoup ont loué ce lieu naturel, secret, délaissé, luxuriant. Un lieu pour s'apaiser, se nourrir, s'étonner, s'amuser et aussi pour lire et écrire. 

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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mardi 26 février 2019

GRIFFONNADE 357 : Michel Greg, Fernand Raynaud

Bonne idée n'a pas de maître !

De 1959 à 1969, Dino Attanasio mettra en scène les gags de Modeste et Pompon. Michel Greg en sera quelquefois le scénariste.

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Dans la planche ci-dessus, on retrouvera une idée qu'exploita l'humoriste Fernand Raynaud  avec deux personnages : un petit employé modeste qui tente de vendre des oranges et son employeur, maître du langage et sûr de sa supériorité.

Même mécanisme dans le sketch et la planche ci-contre : l'accroche publicitaire qui est supposée attirer le client sera peu à peu réduire à rien. Modeste profite de la situation pour encore une fois s'amuser et ridiculiser son ami Félix.

Fernand Reynaud, comme souvent dans ses historiettes, réserve une autre chute à la situation. Le petit employé humilié saura répliquer avec malice...

Le texte de l'humoriste arverne circule parfois dans des stages consacrés à la communication.

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ATELIER D'ECRITURE 98 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture  11ème année
Médiathèque, Saint-Symphorien/Coise (Rhône)

Séance 6/9, mardi 05/03/19 de 19h30 à 21h30

Thème : Camper des personnages

Trois principes majeurs : le caractère d'un personnage et sa parole (rapportée dans des dialogues) déterminent les actions ; son caractère se décrit au travers de ses actions ; la fonction des dialogues suit la fonction des actions.

jeudi 7 février 2019

SI J'OSE LIRE 6 : Jean Giono, Henri Pourrat et Jacques Viallebesset

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L'homme devant la nature

Dans le Lagarde & Michard du XXe siècle, sixième volume de la bible scolaire où plusieurs générations lycéennes cherchèrent leurs marques de foi en la cause littéraire, dix-sept pages sont consacrées à Maurice Genevoix, Charles-Ferdinand Ramuz, Jean Giono, Henri Bosco et Colette sous la rubrique L'homme devant la nature

L'avant-propos de ces pages insiste sur quelques notions communes aux écrivains précités, par exemple l'amour du terroir et la nature comme un vrai personnage et non un décor... Puis on nous met en garde : ne pas confondre leurs romans avec les traditionnels romans de province. Enfin, et entre autres, est cité Henri Pourrat : ... Henri Pourrat (1887-1960) qui commence sa large geste un peu trop colorée de parler auvergnat (Les Vaillances, Farces et Gentillesses de Gaspard des Montagnes, 1922-1931)... C'est tout, circulez, rien à voir !

Gaspard des Montagnes ou Maurin des Maures ?

Gaspard. Je l'ai découvert, pensionnaire en classe de sixième. Le jeudi après-midi ou le dimanche on nous menait jouer dans les bois, sur les pentes des Monts du Forez. Un professeur, en marchant, contait au petit groupe qui l'entourait des histoires tirées de Pourrat. Parfois il s'agissait de Maurin des Maures de Jean Aicard. J'ai longtemps confondu certains épisodes, accordant à l'un ce qui revenait à l'autre. 

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Plus tard, à Clermont-Ferrand, j'ai mis la main sur une édition en livre de poche et lisais enfin dans la foulée Le Château des sept portes, L'Auberge de la belle bergère, Le Pavillon des amourettes, La Tour du levant. Que de beaux lieux pour planter l'aventure, un château, une auberge, un pavillon et une tour ! Depuis je relis Les vaillances, farces et aventures de Gaspard des Montagnes, dans l'édition définitive qui réunit les quatre tomes illustrée des gravures sur bois de François Angeli.

Numériser 1

Jean Giono et Henri Pourrat

Giono et Pourrat. Deux écrivains devant la nature ? "Voici deux écrivains, écrit Jacques Mény (président de l'association des Amis de Jean Giono), que beaucoup de choses semblaient devoir rapprocher et dont l'amitié n'a pas duré." Il titre son introduction au recueil consacré à la correspondance des deux écrivains : Jean Giono - Henri Pourrat ou l'amitié impossible. Ils ne se rencontreront qu'une fois, en décembre 1930 à Manosque. Nous n'avions rien à nous dire, confie Giono...

Jacques Mény démontre que leurs différences comptent davantage que leurs points communs. Leurs projets , leurs intentions, leurs enjeux, leurs visions de cette même nature qu'ils aiment, qu'ils fréquentent, dont se nourissent leurs livres, les conduisent sur des chemins parallèles, vers des manières de travailler divergentes ; l'un plutôt dans une spontanéité effervescente, l'autre dans l'hésitation besogneuse.

Une correspondance de juin 1929 à novembre 1940. Derniers échanges : Giono, le 1er novembre 1940, adresse toute son affection à Pourrat qui vient de perdre sa fille, Françoise. On devine combien son empathie est sincère à la mesure de son attachement à ses propres filles, Aline et Sylvie. Deux semaines plus tard, il parle de labours sur les terres d'une ferme acquise précédemment. Il évoque le fait que Pourrat envisage de réaliser un film, L'eau vive. Titre d'un livre de Giono et d'un futur film en 1958. Pourrat répond le 17 novembre : ... il pourrait y avoir plusieurs Eau vive. Mais nous chercherons un autre titre... Au revoir, bon labourage, cher Jean Giono, et affectueusement vôtre. Fin de leur correspondance.

Les mêmes et Jacques Viallebesset

Numériser 3

Jacques Viallebesset qui connaît son Giono et son Pourrat sur le bout des doigts et par coeur leur rend pareil hommage en deux recueils poétiques.

En 2014, il publie Sous l'étoile de Giono afin de saluer Jean de Manosque. Surpris de repérer à la vitrine d'une librairie un livre portant le même titre que les tapisseries de Lurçat, Le Chant du monde, il ouvre cet ouvrage et ne l'a jamais vraiment refermé. "Je m'identifiais très vite à ces hommes vagabonds, saltimbanques et artistes qui arpentaient ce pays devenu mienJean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure, un professeur d'espérance." 

Viallebesset nous entraîne dans ces contrées du romanesque, il ajoute au récit de voyages intérieurs, en marge, des pauses au coeur de territoires de joie.

Giono avait Lucien Jacques, Pourrat avait François Angeli ; Viallebesset aime le bel ouvrage, le beau papier que l'on touche et qui met en relief des dessins de Diane de Bournazel.

Au terme de l'ouvrage, il invite chacun à devenir, dans les pas de Jean Giono, Un voyageur immobile.

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En 2018, Jacques Viallebesset chemine avec Gaspard, il offre, aux éditions Entrelacs,  Dans le vert des montagnes. Il constate : Gaspard est ainsi devenu un héros mythique à l'égal de Don Quichotte ou de Till d'Ulenspiegel; les contes, les légendes, les mythes font mémoire de ce qui a été, est et sera et transmettent, dans un hors-temps et un hors-espace, un message à déchiffrer, en offrant, dans le présent un passé à venir. 

Il déroule le destin singulier de Gaspard et d'Anne-Marie, sa cousine bien-aimée. Gaspard des Montagnes est le livre aux cent histoires et cette arborescence d'épisodes, de rebondissements, de combats, de contes et de plaisanteries permet à la langue de Pourrat de prendre envol et plénitude.

Ici, dans ce recueil, les poèmes alternent, les uns expriment l'essence de cette quête amoureuse entre deux êtres qui ont tout pour s'entendre et que tout sépare, les autres sont des méditations, des instants de respiration poétique, des confidences d'un homme qui se rapproprie les paysages romanesques nés dans l'imagination de Pourrat. N'est-ce pas le pouvoir de la littérature que de nous élever plus loin, plus haut en nous-mêmes ? L'homme devant la nature ; l'homme devant la nature humaine.

Un livre au format allongé, la hauteur double presque la largeur, ce qui donne de l'espace et de l'élan aux illustrations de SaT.

Tout ça, pour à la dernière page, éprouver une dernière hâte : plonger pour la première fois ou encore et toujours dans le Gaspard de Pourrat car l'universalité se glisse dans ses pages et les marque d'un pli définitif. 

Pour s'en convaincre, voici La ballade de Gaspard : 

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mercredi 6 février 2019

GRIFFONNADE 356 : "Oh, tu n'as pas changé !"

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VIEILLIR, LA BELLE AFFAIRE... 

Contrairement au grand Belge Jacques, ne pourrait-on pas affirmer que vieillir n'est rien, mais que mourir... Histoire de point de vue ?

Au coin d'une rue...

Voilà une décennie et demi que lui et moi ne nous sommes rencontrés. Oh, mais tu n'as pas changé, insiste-t-il. Vieil hypocrite, dis-je illico, ou tu dois jeter ta paire de lunettes ou tu  tentes de t'inviter à ma table, n'est-ce pas ? Nous nous séparons ni bons amis - que nous n'avons jamais été - ni ennemis, ce serait s'accorder trop d'importance.

Je retrouve dans mes notes... 

Anecdote banale si ce n'est qu'elle me pousse à chercher et à retrouver des notes prises à la lecture d'un article lu je ne sais où et quand (ce qui m'épargne de citer mes sources). Je déchiffre une première affirmation : Le vieillissement est le résultat d'une oxydation (que provoque l'excès d'alimentation) et d'une inflammation (causée par le stress). Oui, nous le savons bien désormais : attention à ce que l'on mange et à la manière de digérer les événements.

Sagesse d'un certain Onfray...

Cela me rappelle la page lue hier ou avant-hier, dans le pavé SAGESSE de Michel Onfray. Page 107 : Vieux ? Si je veux, quand je veux, comme je veux... Plus basIl est trop tard pour apprendre à bien vieillir quand on est devenu vieux. A retenir pour la placer à bon escient. Ou encore mieux, celle-ci :Pas question, donc, d'être vieux avant l'heure ; mais pour être vieux à la bonne heure, il faut s'y préparer pendant toute sa vie. Bien, mais ce n'est pas ce que je cherchais... et que je traque à la page 109 : ... la vieillesse nous rapproche de la mort. Oui, et alors ? Car dès que l'on naît, et pas même encore, dès la conception bien plutôt, on est déjà assez vieux pour mourir. On ignore la date de notre fin, mais en quoi une vie longue serait supérieure à une vie courte ? Et qu'est-ce qu'une vie plus longue ? Plus longue que quoi ? 

Expérience n'est pas longévité

J'ai connu des personnes (dont le type de tout à l'heure, l'hypocrite qui aurait tant aimé que je lui dise que lui non plus n'avait pas changé) qui confondait longévité et expérience. En vingt ou trente ans d'activité professionnelle il possédait moins d'expérience, d'efficience qu'un collègue dans le métier depuis cinq ans ! Paradoxe ? Non, confusion de la valeur quantitative et de la valeur qualitative. N'allons pas prendre pour autant les lanternes âgées pour des vessies obsolètes. L'art contemporain n'effacera pas l'art antique. Il s'ajoute aux périodes précédentes (sans être dépassées) et toutes se complètent pour affiner mon regard sur ce monde.

Vieillir moins vite... mettre des freins !

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Retour à mes notes. Deuxième affirmation, une liste de six  facteurs pour ralentir le vieillissement : garder une bonne humeur; avoir un réseau d'amis; conserver une activité; s'autoriser une petite manie, un petit plaisir; sortir de table en ayant satisfait 80% de sa faim; s'alimenter en réduisant sucre, sel et graisse, en mangeant "coloré et varié", en s'autorisant un verre de vin quotidien... Je repère le facteur qui pour ma part sonnerait l'alarme d'un risque de vitesse. 

Vieux ! Être ou paraître vieux, ne pas être ou ne pas paraître vieux ! Effacer les rides et les taches ou les accepter ?  Loin de toute selfite chronique, refuser de figurer sur les photos ou alors de dos...  Valoriser ses souvenirs, chercher un auditoire, les raconter à tout prix comme des légendes édifiantes. Pire, pire peste : rédiger ses mémoires faute d'avoir vécu sa vie puis les autoéditer afin de les offrir à ses proches ! 

Comment veux-tu que tes petits-enfants t'appellent ?

Vieux ! Qui l'est, qui ne le sera jamais ? Tu seras vieux quand on t'appellera papy ! Mais quel bonheur, tu verras ! m'a lancé avec condescendance un expert, retraité le jour de ses cinquante-cinq ans. Papy, papi, papet, papou, bon-papa, grand-père, vieux-papa, pépé ? Qu'importe l'usage ou le refus de l'usage. Qui choisit son prénom, son patronyme ? Aurais-je préféré l'un ou l'autre des noms portés par mes aïeux et dont je suis génétiquement plus semblable ? S'affubler d'un nom d'ancêtre que balbutieront nos descendants ? Nom d'un chien, le casse-tête à entendre les commentaires de nos contemporains. C'est désormais un sujet d'enquête ; ce sera demain une problématique anthropologique.

A ce jour, j'ai dix ans de plus que mon père. Je veux dire que j'ai vécu dix années de plus que lui. Et alors ? Suis-je plus vieux que lui ? Je le trouvais vieux quand il fêta ses cinquante ans. Et alors ? Ceci dit, sincèrement, comme le chante Marc Ogeret, "maintenant il fait beau comme jamais."

dimanche 3 février 2019

GRIFFONNADE 355 : Charles d'Orléans, Hiver...

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Le prince triste et poète

Charles d'Orléans (1394 - 1465), petit-fils de roi est un prince plein de misères, souvent contrarié par la fatalité

Robert Sabatier (Histoire de la poésie française, tome 1) dresse la liste de ses malheurs : "...la mort de sa jeune femme en couches, l'assassinat de son père par les hommes du duc de Bourgogne, la bataille d'Azincourt et vingt-cinq ans de captivité sous la garde des seigneurs anglais..."

A Saint-Etienne on le nommerait "beauseigne" ! L'homme écrit des complaintes, des ballades avec une élégance où dominent une claire souffrance teinté de grave mélancolie. .

Sabatier apprécie ses "images très douces qui s'accordent au paysage français." Il l'associe à Watteau ; il évoque "un désenchantement déjà romantique" ; il lui reconnaît d'être "libre, enjoué, s'amusant avec les vocables, érudit, jamais pédant..."

Hier, samedi, je sors sous une neige persistante. Plaisir enfantin de marcher le premier sur le fragile revêtement des flocons, de remarquer les traces du passage de la sauvagine. Vers le ruisseau sorti de son lit, près d'une cabane en bois, avec le cri d'une buse surgit le célèbre vers du charmant poète : "Hiver, vous n'êtes qu'un vilain..."  

Voici la ballade entière :

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Hiver, vous n'êtes qu'un vilain, 

Été est plaisant et gentil, 
En témoin de Mai et d'Avril 
Qui l'accompagnent soir et matin. 

Été revêt champs, bois et fleurs, 
De sa livrée de verdure 
Et de maintes autres couleurs 
Par l’ordonnance de Nature. 



Mais vous, Hiver, trop êtes plein 
De neige, vent, pluie et grésil ; 
On vous doit bannir en exil. 
Sans point flatter, je parle plain :
Hiver, vous n'êtes qu'un vilain.

Sa version d'origine, en langue du XIVème s. :

Yver, vous n'estes qu'un villain,  

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Esté est plaisant et gentil,
En tesmoing de May et d'Avril
Qui l'acompaignent soir et main.

Esté revest champs, bois et fleurs,
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.

Mais vous, Yver, trop estes plain
De nege, vent pluye et grezil;
On vous deust banie en essil.
Sans point flater, je parle plain,
Yver, vous n'estes qu'un villain !

Poésie pour récitation en école primaire ? J'encourage quiconque à la dire à haute voix. Entendons-nous, il s'agit de mettre en bouche l'une et l'autre des deux versions ci-dessus, la première en vieux français d'aujourd'hui et l'autre en jeune français d'autrefois.

Sabatier ne qualifie pas de mineure la poésie de ce Charles-là. Non, il lui trouve des airs d'enluminures des livres d'heures médiévaux. Il la juge habile, débarassée de technique savante, spontanée, équilibrée entre l'âme humaine et la saison environnante. Jolie formule parce que simple : "... tout vit parce que tout vibre".

"Hier, Hiver, étiez serein..."

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vendredi 1 février 2019

ATELIER D'ECRITURE 97 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 5/9

Mercredi 13/02/2019 de 18h30 à 20h30

 

 

Thème du jour : Réécrire son portrait

Récrire ou réécrire ? Comment à partir d'un premier jet repérer les mots ou les bouts de phrase qui seront les prétextes à reprendre et repriser la texture du texte ? Le portrait n'étant dans l'affaire qu'une histoire de cliché.

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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ATELIER D'ECRITURE 96 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

Atelier d'écriture  11ème année

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Médiathèque, Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Séance 5/9, mardi 05/02/19 de 19h30 à 21h30

Thème : Développer une histoire à partir d'un synopsis

Développement : idée de croissance, de modification, de poursuite. Dans le geste d'écrire développer ce sera amplifier le texte en ajoutant, en retranchant, en remplaçant, en déplaçant pour mener le texte à un aboutissement.

mardi 29 janvier 2019

GRIFFONNADE 353 : Incipit de Jean-Christophe

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Jean-Christophe, roman d'initiation

Qui lit encore cet imposant pavé de 1500 pages ? Et pourtant, il contient des perles littéraires.

Ainsi au seuil dès son incipit Romain Rolland offre au lecteur un paragraphe de cinq phrases parfaitement construit. Imaginons un mouvement de caméra qui passerait de l'extérieur à l'intérieur de la maison en traversant la fenêtre...

"Le grondement du fleuve monte derrière la maison. La pluie bat les carreaux depuis le commencement du jour. Une buée d'eau ruisselle sur la vitre au coin fêlé. Le jour jaunâtre s'éteint. Il fait tiède et fade dans la chambre."

La phrase qui suit achève le mouvement : "Le nouveau-né s'agite dans son berceau." C'est Jean-Christophe, c'est le personnage principal, celui dont on va suivre à travers bien des épreuves l'apprentissage de compositeur résolument novateur, profondément habité par un génie des sens, passionnément.

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Ce premier paragraphe, cet incipit, évoque des bruits, mieux des sons rythmés, une lueur, une couleur, une sensation corporelle, un goût. Cette  somme de perceptions annonce les qualités de l'enfant, les dispositions du futur musicien, l'extrême sensibilité de cet homme. Chaque phrase ajoute un détail le plus simplement du monde : verbe, sujet, complément... Elles cadencent l'arrivée de Jean-Christophe exactement comme les premières mesures d'une oeuvre musicale. Avec des petites touches de délicatesse. Tous les thèmes peuvent désormais se développer.

Publié de 1904 à 1912, ce roman tente de dresser le tableau culturel et  intellectuel de l'Europe avant qu'elle ne sombre dans la Grande Guerre.

Au terme de son roman, l'écrivain ajoute un "Adieu à Jean-Christophe" qui résume son intention puis interpelle la jeunesse : "... Hommes d'aujourd'hui, jeunes hommes, à votre tour ! Faites-vous de nos corps un marchepied, et allez de l'avant. Soyez plus grands et plus heureux que nous."

Comment l'entendons-nous à cette heure ?

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mercredi 9 janvier 2019

ATELIER D'ECRITURE 95 : Bibliothèque de Saint-Galmier

 

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 4/9

Mercredi 16 janvier 2019 de 18h30 à 20h30

Thème du jour : Mettre (encore et toujours)

 de l'imagination dans le texte

Le cirque appartient à l'imaginaire collectif de notre civilisation et inspire chaque génération d'artistes quelque soit leur domaine. 

Le cirque est un univers clos et mouvant où bouffonnerie et grimace côtoient dextérité et force. 

On lance, on tord autant les mots, les choses que les corps.

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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