La griffe des mots

jeudi 7 février 2019

SI J'OSE LIRE 6 : Jean Giono, Henri Pourrat et Jacques Viallebesset

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L'homme devant la nature

Dans le Lagarde & Michard du XXe siècle, sixième volume de la bible scolaire où plusieurs générations lycéennes cherchèrent leurs marques de foi en la cause littéraire, dix-sept pages sont consacrées à Maurice Genevoix, Charles-Ferdinand Ramuz, Jean Giono, Henri Bosco et Colette sous la rubrique L'homme devant la nature

L'avant-propos de ces pages insiste sur quelques notions communes aux écrivains précités, par exemple l'amour du terroir et la nature comme un vrai personnage et non un décor... Puis on nous met en garde : ne pas confondre leurs romans avec les traditionnels romans de province. Enfin, et entre autres, est cité Henri Pourrat : ... Henri Pourrat (1887-1960) qui commence sa large geste un peu trop colorée de parler auvergnat (Les Vaillances, Farces et Gentillesses de Gaspard des Montagnes, 1922-1931)... C'est tout, circulez, rien à voir !

Gaspard des Montagnes ou Maurin des Maures ?

Gaspard. Je l'ai découvert, pensionnaire en classe de sixième. Le jeudi après-midi ou le dimanche on nous menait jouer dans les bois, sur les pentes des Monts du Forez. Un professeur, en marchant, contait au petit groupe qui l'entourait des histoires tirées de Pourrat. Parfois il s'agissait de Maurin des Maures de Jean Aicard. J'ai longtemps confondu certains épisodes, accordant à l'un ce qui revenait à l'autre. 

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Plus tard, à Clermont-Ferrand, j'ai mis la main sur une édition en livre de poche et lisais enfin dans la foulée Le Château des sept portes, L'Auberge de la belle bergère, Le Pavillon des amourettes, La Tour du levant. Que de beaux lieux pour planter l'aventure, un château, une auberge, un pavillon et une tour ! Depuis je relis Les vaillances, farces et aventures de Gaspard des Montagnes, dans l'édition définitive qui réunit les quatre tomes illustrée des gravures sur bois de François Angeli.

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Jean Giono et Henri Pourrat

Giono et Pourrat. Deux écrivains devant la nature ? "Voici deux écrivains, écrit Jacques Mény (président de l'association des Amis de Jean Giono), que beaucoup de choses semblaient devoir rapprocher et dont l'amitié n'a pas duré." Il titre son introduction au recueil consacré à la correspondance des deux écrivains : Jean Giono - Henri Pourrat ou l'amitié impossible. Ils ne se rencontreront qu'une fois, en décembre 1930 à Manosque. Nous n'avions rien à nous dire, confie Giono...

Jacques Mény démontre que leurs différences comptent davantage que leurs points communs. Leurs projets , leurs intentions, leurs enjeux, leurs visions de cette même nature qu'ils aiment, qu'ils fréquentent, dont se nourissent leurs livres, les conduisent sur des chemins parallèles, vers des manières de travailler divergentes ; l'un plutôt dans une spontanéité effervescente, l'autre dans l'hésitation besogneuse.

Une correspondance de juin 1929 à novembre 1940. Derniers échanges : Giono, le 1er novembre 1940, adresse toute son affection à Pourrat qui vient de perdre sa fille, Françoise. On devine combien son empathie est sincère à la mesure de son attachement à ses propres filles, Aline et Sylvie. Deux semaines plus tard, il parle de labours sur les terres d'une ferme acquise précédemment. Il évoque le fait que Pourrat envisage de réaliser un film, L'eau vive. Titre d'un livre de Giono et d'un futur film en 1958. Pourrat répond le 17 novembre : ... il pourrait y avoir plusieurs Eau vive. Mais nous chercherons un autre titre... Au revoir, bon labourage, cher Jean Giono, et affectueusement vôtre. Fin de leur correspondance.

Les mêmes et Jacques Viallebesset

Numériser 3

Jacques Viallebesset qui connaît son Giono et son Pourrat sur le bout des doigts et par coeur leur rend pareil hommage en deux recueils poétiques.

En 2014, il publie Sous l'étoile de Giono afin de saluer Jean de Manosque. Surpris de repérer à la vitrine d'une librairie un livre portant le même titre que les tapisseries de Lurçat, Le Chant du monde, il ouvre cet ouvrage et ne l'a jamais vraiment refermé. "Je m'identifiais très vite à ces hommes vagabonds, saltimbanques et artistes qui arpentaient ce pays devenu mienJean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure, un professeur d'espérance." 

Viallebesset nous entraîne dans ces contrées du romanesque, il ajoute au récit de voyages intérieurs, en marge, des pauses au coeur de territoires de joie.

Giono avait Lucien Jacques, Pourrat avait François Angeli ; Viallebesset aime le bel ouvrage, le beau papier que l'on touche et qui met en relief des dessins de Diane de Bournazel.

Au terme de l'ouvrage, il invite chacun à devenir, dans les pas de Jean Giono, Un voyageur immobile.

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En 2018, Jacques Viallebesset chemine avec Gaspard, il offre, aux éditions Entrelacs,  Dans le vert des montagnes. Il constate : Gaspard est ainsi devenu un héros mythique à l'égal de Don Quichotte ou de Till d'Ulenspiegel; les contes, les légendes, les mythes font mémoire de ce qui a été, est et sera et transmettent, dans un hors-temps et un hors-espace, un message à déchiffrer, en offrant, dans le présent un passé à venir. 

Il déroule le destin singulier de Gaspard et d'Anne-Marie, sa cousine bien-aimée. Gaspard des Montagnes est le livre aux cent histoires et cette arborescence d'épisodes, de rebondissements, de combats, de contes et de plaisanteries permet à la langue de Pourrat de prendre envol et plénitude.

Ici, dans ce recueil, les poèmes alternent, les uns expriment l'essence de cette quête amoureuse entre deux êtres qui ont tout pour s'entendre et que tout sépare, les autres sont des méditations, des instants de respiration poétique, des confidences d'un homme qui se rapproprie les paysages romanesques nés dans l'imagination de Pourrat. N'est-ce pas le pouvoir de la littérature que de nous élever plus loin, plus haut en nous-mêmes ? L'homme devant la nature ; l'homme devant la nature humaine.

Un livre au format allongé, la hauteur double presque la largeur, ce qui donne de l'espace et de l'élan aux illustrations de SaT.

Tout ça, pour à la dernière page, éprouver une dernière hâte : plonger pour la première fois ou encore et toujours dans le Gaspard de Pourrat car l'universalité se glisse dans ses pages et les marque d'un pli définitif. 

Pour s'en convaincre, voici La ballade de Gaspard : 

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mercredi 6 février 2019

GRIFFONNADE 356 : "Oh, tu n'as pas changé !"

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VIEILLIR, LA BELLE AFFAIRE... 

Contrairement au grand Belge Jacques, ne pourrait-on pas affirmer que vieillir n'est rien, mais que mourir... Histoire de point de vue ?

Au coin d'une rue...

Voilà une décennie et demi que lui et moi ne nous sommes rencontrés. Oh, mais tu n'as pas changé, insiste-t-il. Vieil hypocrite, dis-je illico, ou tu dois changer ta paire de lunettes ou tu  tentes de t'inviter à ma table, n'est-ce pas ? Nous nous séparons ni bons amis - que nous n'avons jamais été - ni ennemis, ce serait s'accorder trop d'importance.

Je retrouve dans mes notes... 

Anecdote banale si ce n'est qu'elle me pousse à chercher et à retrouver des notes prises à la lecture d'un article lu je ne sais où et quand. Je m'épargne ainsi de citer mes sources. Première affirmation : Le vieillissement est le résultat d'une oxydation (que provoque l'excès d'alimentation) et d'une inflammation (causée par le stress). Attention à ce que l'on mange et à sa manière de recevoir les événements.

Sagesse d'un certain Onfray...

Cela me rappelle la page lue hier ou avant-hier, non, la semaine dernière, dans le pavé SAGESSE de Michel Onfray. Voilà, page 107 : Vieux ? Si je veux, quand je veux, comme je veux... Plus basIl est trop tard pour apprendre à bien vieillir quand on est devenu vieux. A retenir pour la placer à bon escient. Ou encore mieux, celle-ci :Pas question, donc, d'être vieux avant l'heure ; mais pour être vieux à la bonne heure, il faut s'y préparer pendant toute sa vie. Bien, mais ce n'est pas ce que je cherchais... et que je traque à la page 109 : ... la vieillesse nous rapproche de la mort. Oui, et alors ? Car dès que l'on naît, et pas même encore, dès la conception bien plutôt, on est déjà assez vieux pour mourir. On ignore la date de notre fin, mais en quoi une vie longue serait supérieure à une vie courte ? Et qu'est-ce qu'une vie plus longue ? Plus longue que quoi ? 

Expérience n'est pas longévité

J'ai connu des personnes (dont le type de tout à l'heure, l'hypocrite qui aurait tant aimé que je lui dise que lui non plus n'avait pas changé) qui confondait longévité et expérience. En vingt ou trente ans d'activité professionnelle il possédait moins d'expérience, d'efficience qu'un collègue dans le métier depuis cinq ans ! Paradoxe ? Non, confusion de la valeur quantitative et de la valeur qualitative. N'allons pas prendre pour autant les lanternes âgées pour des vessies obsolètes. L'art contemporain n'effacera pas l'art antique. Il s'ajoute aux périodes précédentes (sans être dépassées) et toutes se complètent pour affiner mon regard sur ce monde.

Vieillir moins vite... mettre des freins !

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Retour à mes notes. Deuxième affirmation, une liste de six  facteurs pour ralentir le vieillissement : garder une bonne humeur; avoir un réseau d'amis; conserver une activité; s'autoriser une petite manie, un petit plaisir; sortir de table en ayant satisfait 80% de sa faim; s'alimenter en réduisant sucre, sel et graisse, en mangeant "coloré et varié", en s'autorisant un verre de vin quotidien... Je repère le facteur qui pour ma part sonnerait l'alarme d'un risque de vitesse. 

Vieux ! Être ou paraître vieux, ne pas être ou ne pas paraître vieux ! Effacer les rides et les taches ou les accepter ?  Loin de toute selfite chronique, refuser de figurer sur les photos ou alors de dos...  Valoriser ses souvenirs, chercher un auditoire, les raconter à tout prix comme des légendes édifiantes. Pire, pire peste : rédiger ses mémoires faute d'avoir vécu sa vie puis les autoéditer afin de les offrir à ses proches ! 

Comment veux-tu que tes petits-enfants t'appellent ?

Vieux ! Qui l'est, qui ne le sera jamais ? Tu seras vieux quand on t'appellera papy ! Mais quel bonheur, tu verras ! m'a lancé avec condescendance un expert, retraité le jour de ses cinquante-cinq ans. Papy, papi, papet, papou, bon-papa, grand-père, vieux-papa, pépé ? Qu'importe l'usage ou le refus de l'usage. Qui choisit son prénom, son patronyme ? Aurais-je préféré l'un ou l'autre des noms portés par mes aïeux et dont je suis génétiquement plus semblable ? S'affubler d'un nom d'ancêtre que balbutieront nos descendants ? Nom d'un chien, le casse-tête à entendre les commentaires de nos contemporains. C'est désormais un sujet d'enquête ; ce sera demain une problématique anthropologique.

A ce jour, j'ai dix ans de plus que mon père. Je veux dire que j'ai vécu dix années de plus que lui. Et alors ? Suis-je plus vieux que lui ? Je le trouvais vieux quand il fêta ses cinquante ans. Et alors ? Ceci dit, sincèrement, comme le chante Marc Ogeret, "maintenant il fait beau comme jamais."

dimanche 3 février 2019

GRIFFONNADE 355 : Charles d'Orléans, Hiver...

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Le prince triste et poète

Charles d'Orléans (1394 - 1465), petit-fils de roi est un prince plein de misères, souvent contrarié par la fatalité

Robert Sabatier (Histoire de la poésie française, tome 1) dresse la liste de ses malheurs : "...la mort de sa jeune femme en couches, l'assassinat de son père par les hommes du duc de Bourgogne, la bataille d'Azincourt et vingt-cinq ans de captivité sous la garde des seigneurs anglais..."

A Saint-Etienne on le nommerait "beauseigne" ! L'homme écrit des complaintes, des ballades avec une élégance où dominent une claire souffrance teinté de grave mélancolie. .

Sabatier apprécie ses "images très douces qui s'accordent au paysage français." Il l'associe à Watteau ; il évoque "un désenchantement déjà romantique" ; il lui reconnaît d'être "libre, enjoué, s'amusant avec les vocables, érudit, jamais pédant..."

Hier, samedi, je sors sous une neige persistante. Plaisir enfantin de marcher le premier sur le fragile revêtement des flocons, de remarquer les traces du passage de la sauvagine. Vers le ruisseau sorti de son lit, près d'une cabane en bois, avec le cri d'une buse surgit le célèbre vers du charmant poète : "Hiver, vous n'êtes qu'un vilain..."  

Voici la ballade entière :

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Hiver, vous n'êtes qu'un vilain, 

Été est plaisant et gentil, 
En témoin de Mai et d'Avril 
Qui l'accompagnent soir et matin. 

Été revêt champs, bois et fleurs, 
De sa livrée de verdure 
Et de maintes autres couleurs 
Par l’ordonnance de Nature. 



Mais vous, Hiver, trop êtes plein 
De neige, vent, pluie et grésil ; 
On vous doit bannir en exil. 
Sans point flatter, je parle plain :
Hiver, vous n'êtes qu'un vilain.

Sa version d'origine, en langue du XIVème s. :

Yver, vous n'estes qu'un villain,  

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Esté est plaisant et gentil,
En tesmoing de May et d'Avril
Qui l'acompaignent soir et main.

Esté revest champs, bois et fleurs,
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.

Mais vous, Yver, trop estes plain
De nege, vent pluye et grezil;
On vous deust banie en essil.
Sans point flater, je parle plain,
Yver, vous n'estes qu'un villain !

Poésie pour récitation en école primaire ? J'encourage quiconque à la dire à haute voix. Entendons-nous, il s'agit de mettre en bouche l'une et l'autre des deux versions ci-dessus, la première en vieux français d'aujourd'hui et l'autre en jeune français d'autrefois.

Sabatier ne qualifie pas de mineure la poésie de ce Charles-là. Non, il lui trouve des airs d'enluminures des livres d'heures médiévaux. Il la juge habile, débarassée de technique savante, spontanée, équilibrée entre l'âme humaine et la saison environnante. Jolie formule parce que simple : "... tout vit parce que tout vibre".

"Hier, Hiver, étiez serein..."

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vendredi 1 février 2019

ATELIER D'ECRITURE 97 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 5/9

Mercredi 13/02/2019 de 18h30 à 20h30

 

 

Thème du jour : Réécrire son portrait

Récrire ou réécrire ? Comment à partir d'un premier jet repérer les mots ou les bouts de phrase qui seront les prétextes à reprendre et repriser la texture du texte ? Le portrait n'étant dans l'affaire qu'une histoire de cliché.

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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ATELIER D'ECRITURE 96 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

Atelier d'écriture  11ème année

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Médiathèque, Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Séance 5/9, mardi 05/02/19 de 19h30 à 21h30

Thème : Développer une histoire à partir d'un synopsis

Développement : idée de croissance, de modification, de poursuite. Dans le geste d'écrire développer ce sera amplifier le texte en ajoutant, en retranchant, en remplaçant, en déplaçant pour mener le texte à un aboutissement.


mardi 29 janvier 2019

GRIFFONNADE 353 : Incipit de Jean-Christophe

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Jean-Christophe, roman d'initiation

Qui lit encore cet imposant pavé de 1500 pages ? Et pourtant, il contient des perles littéraires.

Ainsi au seuil dès son incipit Romain Rolland offre au lecteur un paragraphe de cinq phrases parfaitement construit. Imaginons un mouvement de caméra qui passerait de l'extérieur à l'intérieur de la maison en traversant la fenêtre...

"Le grondement du fleuve monte derrière la maison. La pluie bat les carreaux depuis le commencement du jour. Une buée d'eau ruisselle sur la vitre au coin fêlé. Le jour jaunâtre s'éteint. Il fait tiède et fade dans la chambre."

La phrase qui suit achève le mouvement : "Le nouveau-né s'agite dans son berceau." C'est Jean-Christophe, c'est le personnage principal, celui dont on va suivre à travers bien des épreuves l'apprentissage de compositeur résolument novateur, profondément habité par un génie des sens, passionnément.

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Ce premier paragraphe, cet incipit, évoque des bruits, mieux des sons rythmés, une lueur, une couleur, une sensation corporelle, un goût. Cette  somme de perceptions annonce les qualités de l'enfant, les dispositions du futur musicien, l'extrême sensibilité de cet homme. Chaque phrase ajoute un détail le plus simplement du monde : verbe, sujet, complément... Elles cadencent l'arrivée de Jean-Christophe exactement comme les premières mesures d'une oeuvre musicale. Avec des petites touches de délicatesse. Tous les thèmes peuvent désormais se développer.

Publié de 1904 à 1912, ce roman tente de dresser le tableau culturel et  intellectuel de l'Europe avant qu'elle ne sombre dans la Grande Guerre.

Au terme de son roman, l'écrivain ajoute un "Adieu à Jean-Christophe" qui résume son intention puis interpelle la jeunesse : "... Hommes d'aujourd'hui, jeunes hommes, à votre tour ! Faites-vous de nos corps un marchepied, et allez de l'avant. Soyez plus grands et plus heureux que nous."

Comment l'entendons-nous à cette heure ?

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mercredi 9 janvier 2019

ATELIER D'ECRITURE 95 : Bibliothèque de Saint-Galmier

 

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 4/9

Mercredi 16 janvier 2019 de 18h30 à 20h30

Thème du jour : Mettre (encore et toujours)

 de l'imagination dans le texte

Le cirque appartient à l'imaginaire collectif de notre civilisation et inspire chaque génération d'artistes quelque soit leur domaine. 

Le cirque est un univers clos et mouvant où bouffonnerie et grimace côtoient dextérité et force. 

On lance, on tord autant les mots, les choses que les corps.

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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jeudi 3 janvier 2019

GRIFFONNNADE 352 : Michel Greg, Chick Bill

RENCONTRE DE L'AUTEUR

ET DE SON PERSONNAGE

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1962. Michel Greg collabore avec Tibet pour raconter LES DESERTEURS

Voici Chick Bill, foulard noir et chemise jaune (dont les carreaux restent rigoureusement et étrangement à l'équerre quelle que soit la position et le mouvement du jeune héros - avec la rigueur des cases découpant la planche dessinée). Il cherche - comme souvent - le shérif Dog Bull (colérique, vaniteux et maladroit) et l'adjoint Kid Ordinn (un enfant de huit ans dans une carcasse d'adulte).

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L'homme qui lit le journal est le sosie de Greg, l'auteur. Tibet aime dessiner ses collègues, ses amis, les personnalités du moment. Il constituera une remarquable galerie de portraits caricaturaux : LA TIBETIERE.

Quand il dessine les aventures de Ric Hochet, Tibet aime donner aux personnages les traits d'acteurs du cinéma français ou pas, vivants ou disparus. Serge Reggiani, Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo... Ci-dessous, Laurel et Hardy (Cauchemar pour Ric Hochet, 1970) ! 

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Revenons à Chick Bill. Greg, lit le journal et offre à son personnage une piste pour poursuivre avec pertinence sa recherche. L'auteur n'est-il pas souvent le marionnettiste de ses poupées de papier ? Greg, amateur des faits divers ?

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ATELIER D'ECRITURE 94 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture / 11ème année
Médiathèque Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Séance 4/9

Mardi 08/01/19 

de 19h30 à 21h30

Thème : Ecrire un synopsis

Synopsis : bref récit qui livre le schéma du scénario. Après l'idée, le résumé (pitch), le synopsis n'est pas littéraire mais, utilitaire, il présente le récit des événements le plus clairement possible.

mercredi 5 décembre 2018

ATELIER D'ECRITURE 93 : Bibliothèque de Saint-Galmier

Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 3/9

Mercredi 12/12/2018 / 18h30 à 20h30

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Thème du jour : Mettre de l'imagination dans le texte

Percevoir la réalité, ajouter des éléments perturbateurs pour obtenir une réalité légèrement décalée ou un monde nouveau, inviter​ la folle du logis à mettre un peu de ​fantaisie, voire de désordre... 

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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GRIFFONNADE 355 : Questionner son lieu de travail

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Qui suis-je ici ?

Max de Pree, dans son célèbre ouvrage Diriger est un art, invite chaque personne à s'interroger sur sa place dans le lieu où il travaille...

  • Ce que je fais est-il important ? 
  • Ce que je fais change-t-il quoi que ce soit pour quiconque ?
  • Pourquoi devrais-je venir ici ?
  • Puis-je être quelqu'un ici ?
  • Ai-je une bonne raison d''être ici ?
  • Puis-je "posséder" cet endroit ?
  • Ai-je des droits ?
  • Est-ce que le fait de venir ici enrichit ma vie de quelque façon ?
  • Puis-je apprendre quelque chose ici ?
  • Pourrais-je montrer cet endroit à ma famille, ai-je honte de le lui montrer, ou est-ce simplement sans importance ? 
  • Y a-t-il ici quelqu'un en qui je puisse avoir confiance ?
  • Mon influence s'exerce-t-elle sur ce lieu ?
  • Est-il utile d'envisager l'activité de ce lieu comme un moyen de répondre aux besoins d'une société ?

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Un dirigeant, selon lui, s'interroge sur ce qu'il pourrait faire pour faciliter le travail des professionnels qui collaborent avec lui.

Une citation : "Les aspects des gens que nous voyons dans le contexte du travail ne nous donnent qu'une faible idée de ce qu'ils sont réellement."

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jeudi 29 novembre 2018

GRIFFONNADE 351 : Michel Greg, Modeste et Pompon

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Modeste et Pompon, avant Achille Talon et Gaston Lagaffe... 

1955. André Franquin, auteur le plus fameux du journal Spirou passe au journal Tintin !

Il explique : "J'ai décidé de quitter Spirou parce que j'y étais victime d'une injustice criante. Le directeur financier de Dupuis a en effet tenté de m'imposer un contrat qui me lésait gravement. Du coup, j'ai envoyé une lettre de démission en bonne et due forme ! Mon intention était d'abord de m'associer au jeune Michel Greg qui, au mois d juillet a entrepris de lancer "Le journal de Paddy". J'ai finalement choisi la sécurité en m'adressant aux Editions du Lombard." (Sources: Le Lombard, Un demi-siècle d'aventures).

Il crayonne deux personnages. Un couple de jeunes gens dont on ignore la nature de leur lien. Lui, sera prénommé Modeste, par hasard, un calendrier traînera pas loin. Il sera sympa et fanfaron, avec des airs et des traits de Fantasio, par exemple même  malchance, même inventivité, même tendance colérique et même veine d'humour. Elle, à cause de sa coiffure un peu fleur bleue, sera Pompon, aussi gentille que naïve, filiforme, jupe courte et socquettes, raisonnable et faire-valoir, une femme-enfant conforme aux canons de la censure en vigueur dans les années 50 pour ce qui est de la presse destinée à la jeunesse. La folie, la démesure, l'éxubérance seront dans les situations et leurs chutes. Chaque semaine le gag est roi. Le rire est dans le récit, dans les bulles et dans le dessin. A chaque coin de case, à chaque coin de rue, peuvent surgir Achille Talon ou Gaston Lagaffe. Modeste les annonce, Modeste leur prépare le terrain.

En 1956, l'éditeur Charles Dupuis tente de récupérer Franquin, il parle de malentendu. Son insistance fait que Franquin travaillera pour les deux journaux. D'où la nécessité de trouver de l'aide pour créer les facéties et mésaventures de Modeste et Pompon. "Je lui ai montré les personnages et je lui ai défini nleurs comportements." Michel Greg anime donc Modeste qui, comme plus tard Achille Talon, habite un pavillon et subit le voisinage de Ducrin (fonctionnaire des impôts). Lorsqu'apparaît un autre voisin, le père de famille Dubruit, le scénariste sera René Goscinny.

Hilarion Lefuneste sera de la même veine, le voisin détestable mais indispensable, un Ducrin-Dubruit à la puissance cent. Cette histoire de voisinage est aussi un ressort important dans les planches de Jean Roba (Boule et Bill).

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GRIFFONNADE 350 : Michel Greg, Flamme d'Argent.

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Flamme d'Argent

Greg collabore avec Paul Cuvelier pour mettre en scène ce récit médiéval

En septembre 1960, première planche dans l'hebdomadaire Tintin. Eblouissement pour mes yeux d'enfant.

Les images sont d'une évidente lisibilité. Cuvelier apporte de la grâce dans les gestes et attitudes des personnages.

Greg construit un scénario à partir des histoires d'Ederic et Euzémius que Cuvelier racontait à ses petits frères. C'est ainsi qu'il faut servir Cuvelier. La BD est sa corvée alimentaire, sa quête artistique est ailleurs.

Paul Cuvelier est admiré et encouragé par Hergé, il est là, à la création de l'hebdomadaire Tintin aux côtés de Jacques Laudy et d'Edgar-P. Jacobs

Il devient l'ami de Jacques Martin qui lui rend un bel et sincère hommage (vidéo ci-dessous).

 

GRIFFONNADE 349 : Michel Greg, Bernard Prince

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Le poison vert 

 

Dernière aventure de Bernard Prince conduite par Michel Greg. Avec Edouard Aidans au dessin. 

Onze ans plus tard, Hermann Huppen ajouta un dix-huitième épisode avec son fils, Yves H au récit, Menace sur le fleuve.

Le Cormoran quittera-t-il encore le quai ?

 

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lundi 26 novembre 2018

ATELIER D'ECRITURE 92 : Médiathèque Saint-Symphorien-sur-Coise

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Atelier d'écriture  

11ème année. 

Médiathèque

Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Séance 3/9

Mardi 04/12/18 

19h30 à 21h30

Thème : Construire un scénario et pourquoi ?

"J'écris ce qui me tient à coeur et ainsi je l'évacue mais j'écris aussi pour traduire à l'un ou à l'autre de mes proches ce que je ne peux lui dire de vive voix."

Mary Lancer, in La posture du chat-huant au clair de lune, Ed. La brise du vent.

lundi 12 novembre 2018

GRIFFONNADE 348 : Umberto Eco

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Que lire ? Que dire ?

Umberto Eco, il professore, écrit essais et romans. Bien sûr on cite Le Nom de la Rose. Faute de l'avoir lu, on évoque le film de Jean-Jacques Annaud où brille Sean ConneryAdaptation cinématographique ? Non, un palimpseste ! On efface l'original et l'on recommence par-dessus un autre travail semblable et différent.

Suivront cinq romans foisonnants où le romancier offre en pâture des textes qu'il est possible d'interpréter à l'infini. Le sémiologue distingué jubile et persiste : autant de significations que de lecteurs. Il s'amuse et nous condamne  à relire alla vita eterna

Le pendule de Foucault (1988) ; L'île du jour d'avant (1994) ; Baudolino (2000) ; La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004) ; Le cimetière de Prague (2010).

La sixième et ultime fiction Numéro zéro (2015) surprend par sa minceur. Beaucoup penseront qu'Eco s'épuise. L'engouement pour le parfum nouveau et initial de la Rose se serait évaporé un peu plus davantage à chaque livre. Hypothèse opposée : le maître italien parfait son art de produire une oeuvre ouverte. On ne fera pas l'économie de relire. On ne réduira jamais aucun de ses livres dans une critique définitive. On ne s'engagera pas dans un de ces six romans sans en traverser un second et ressortir d'un autre. Affirmation : aucune page d'Umberto Eco n'existe sans lecteur. Lapalissade ? La singularité d'Eco réside dans cette certitude que chaque lecteur récrit son récit à chaque relecture. Il n'écrit pas pour lui mais pour un lecteur inconnu.

Une citation... significative : "Parler toujours sérieusement cause de l'ennui. Plaisanter toujours, du mépris. Philosopher toujours, de la tristesse. Railler toujours, du malaise." (L'île du jour d'avant) 

Un peu de sérieux, un soupçon d'humour, une pincée de réflexion, un brin d'ironie... sinon se taire ?

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mardi 6 novembre 2018

GRIFFONNADE 347 : Méthode épicurienne

(suite à la griffonnade 346)

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La méthode épicurienne consisterait à :

  • identifier un projet de bonheur ;
  • imaginer en quoi ce projet serait défectueux : rechercher des exceptions entre l'objet désiré et le bonheur, pourrait-on posséder cet objet sans être heureux ? Pourrait-on ne pas le posséder et être cependant heureux ?
  • si en effet existe une exception, l'objet désiré ne peut pas être cause nécessaire et suffisante de bonheur ;
  • il faut alors nuancer le projet initial en tenant compte de l'exception ;
  • les vrais besoins paraissent désormais très différents du vague désir initial.

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ATELIER D'ECRITURE 91 : Bibliothèque de St-Galmier

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Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance 2/9

Mercredi 14/11/2018

De 18h30 à 20h30

Thème du jour : Tout commence par une liste

La liste contient différents éléments que l'on inscrit les uns sous les autres.

Que dire et que tirer d'un tel contenu et d'une pareille forme ?

Renseignements pratiques : 04 77 52 59 37

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lundi 5 novembre 2018

ATELIER D'ECRITURE 90 : Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise

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 Atelier d'écriture / 11ème année. 

Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Séance 2/9 : mardi 13/11/18 

de 19h30 à 21h30

Thème : Ecrire un bref scénario

Un scénario est un jeu de piste qui, étape après étape, tire personnages, lecteurs et auteurs vers la case finale où tout se dénoue, où tout s'achève, drame ou comédie.

Calendrier de la saison 2018/2019

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samedi 20 octobre 2018

GRIFFONNADE 346 : Le bonheur selon Epicure

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Selon EPICURE  

Ce qui est naturel et nécessaire au bonheur :

  • des amis ;
  • la liberté ;
  • de la réflexion (sur les causes principales de l'anxiété, c'est à dire sur la mort, la pauvreté et la superstition) ;
  • nourriture, logement et vêtements.

Ce qui naturel mais non nécessaire au bonheur :

  • habiter une superbe maison ;
  • bénéficier de bains privés ;
  • participer à des banquets ; 
  • posséder des serviteurs ;
  • manger des poissons et des viandes.

Ce qui est ni naturel ni nécessaire au bonheur :

  • la gloire ;
  • le pouvoir.

Invitation à transposer ces listes aux circonstances de notre époque et d'estimer si l'on court après un bonheur naturel, nécessaire ou autre (?)

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GRIFFONNADE 345 : Ecrivain et romancier

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(D'après L'Art du roman, Milan Kundera)

Kundera distingue l'écrivain du romancier

 

L'écrivain, tel Rousseau, Goethe, Chateaubriand, Gide, Camus, Malraux...

  • a des idées originales ;
  • a une voix inimitable ;
  • tout ce qu'il écrit fait partie de son oeuvre. 

 

Le romancier, tel Fielding, Sterne, Flaubert, Proust, Faulkner, Céline...

  • c'est un découvreur qui s'efforce, par tâtons, à dévoiler un aspect inconnu de l'existence ;
  • il poursuit une forme, seules les formes font partie de son oeuvre.

 

vendredi 19 octobre 2018

GRIFFONNADE 344 : Au nom de l'eau

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Ouvrage relatant les soixante-dix ans d'un syndicat rural fournissant en eau potable soixante-quinze communes...

Plus de 120 pages rassemblant des témoignages, relatant l'historique, présentant des schémas et des données...

Le Syndicat mixte des eaux des Monts du Lyonnais et de la basse vallée du Gier souhaite que ce livre, non commercialisé, soit à la disposition du public par le biais des bibliothèques et médiathèques des communes adhérentes.

" Imaginons un instant que plus une seule goutte d’eau ne sorte de nos robinets ! Imaginons le récit d’une pénurie complète d’eau potable, ce que certains appellent déjà « day zero ». Imaginons les conséquences immédiates : affolement dans les hôpitaux et les écoles ; colère des agriculteurs et des entrepreneurs ; appels téléphoniques d’abonnés furieux et de collectivités paniquées ; manifestations devant les mairies et les préfectures ; grands titres à la Une de la presse locale, reportages spontanés des radios et des chaînes télévisuelles ; accusations, insultes, menaces, violences, émeutes…

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Pourquoi présenter cet ouvrage en suggérant un pareil scénario catastrophique ?  Dans l’entretien que m’accorda Bernard Chaverot, l’actuel président du syndicat, surgit l’idée saugrenue de pousser le citoyen-consommateur à se questionner sur l’existence et le fonctionnement du service public de distribution d’eau. Une coupure d’eau prolongée susciterait-elle l’envie de découvrir le réseau d’alimentation ? Afin de marquer davantage les esprits, la coupure occasionnelle devient ici une pénurie générale. Imaginons la panique qu’elle susciterait dans un pays, le nôtre, où l’on consomme en moyenne 130 litres d’eau par jour et par habitant. Impossible, dit-on, elle coule depuis toujours, elle est naturellement disponible. L’eau appartient à tous, ajoute-t-on, et sa consommation devrait donc être gratuite comme l’air qu’on respire. Oui, l’eau coule en abondance de nos robinets. Oui, elle constitue une richesse commune à partager et à préserver. J’avoue qu’en rédigeant les textes de cet ouvrage, il m’a fallu ébranler quelques préjugés. Au fil des rencontres et des témoignages rapportés dans cet ouvrage, au fil des lectures de documents émis par le Syndicat, au fil de lectures complémentaires, après une visite accompagnée de son réseau, l’abonné que je suis ne ressemble plus à l’abonné que j’étais. 

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Accepter de découvrir l’histoire du syndicat, c’est découvrir des histoires humaines, des récits de personnes dont le service, la distribution de l’eau potable fut et demeure une valeur, un projet, un métier, une vie.  L’eau au robinet ! Voilà le résultat d’un travail, d’un dispositif, d’un réseau pas encore séculaire. 70 ans ! Dix fois l’âge de raison. Celle qui permet de connaître, de juger et d’agir. 70 ans, sept décennies. Les créateurs ont disparu, leurs successeurs entretiennent leurs mémoires, les désignent comme des "pionniers visionnaires". Puisque cette aventure est simultanément technique, humaine, sociale et politique comment ne pas la commémorer ? 

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Que ces pages donnent le goût de l’eau à chacune et à chacun qui les feuillettent, les lisent, consultent, les relisent. Que ces pages les rassurent et les interrogent car si l’eau n’a pas de prix, le réseau en a un."

DC, rédacteur de l'ouvrage.

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lundi 10 septembre 2018

ATELIER D'ECRITURE 89 : Médiathèque de Saint-Symphorien/Coise

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Atelier d'écriture / 11ème année

Médiathèque de Saint-Symphorien-sur-Coise, Rhône

Première séance : mardi 09/10/18

de 19h30 à 21h30

Thème : "Jacques a dit"

La phrase infinitive ordonne, défend, affirme, exclame, interroge. Elle dresse des listes, elle suggère un plan d'action, elle dit ce qu'il faut faire... Elle sera le fil rouge de cette séance où les nouveaux-venus seront accueillis par les participants fidèles et convaincus.

Calendrier de la saison 2018/2019

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ATELIER D'ECRITURE 88 : Saison 2018/2019

Ateliers d'écriture

Calendrier de la saison 2018/2019

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1/ ATELIER D'ECRITURE / Monts du Lyonnais / Onzième année

Médiathèque Mot@mot / 69590 Saint-Symphorien-sur-Coise

Séance mensuelle de 19h30 à 21h30.

Mardi 09/10/2018

Mardi 13/11/2018

Mardi 04/12/2018

Mardi 08/01/2019

Mardi 05/02/2019

Mardi 05/03/2019

Mardi 02/04/2019

Mardi 07/05/2019

Mardi 04/06/2019

2/ ATELIER D'ECRITURE / Côteau baldomérien / Troisième année

Bibliothèque Au jardin des mots / 42330 Saint-Galmier

Séance mensuelle de 18h30 à 20h30.

Mercredi 26/09/2018

Mercredi 14/11/2018

Mercredi 12/12/2018

Mercredi 16/01/2019

Mercredi 13/02/2019

Mercredi 13/03/2019

Les dates des séances suivantes seront fixées ultérieurement.

ATELIER D'ECRITURE 87 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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 Atelier d'écriture 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

Séance inaugurale

Mercredi 26/09/2018

De 18h30 à 20h30

Le calendrier des séances suivantes sera défini au cours de cette première rencontre.

Thème du jour : Ecrire à plusieurs

Par habitude, l'écriture est un acte solitaire. Produire un texte collectif modifierait-il la pratique ?

Le dispositif permet à tout nouveau-venu, débutant ou pas, de prendre place auprès des participants fidélisés.

Renseignements : 04 77 52 59 37

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dimanche 15 juillet 2018

ATELIER D'ECRITURE 86 : Abécédaire littéraire

Abécédaire littéraire

Invitation à rédiger une liste alphabétique en indiquant en face de chaque lettre le nom d'un auteur ou d'une autrice dont les livres (ou un seul) comptent dans votre vie de lecteur ou de lectrice.

Pour ma part, aujourd'hui - dans un mois, un an, mon choix restera-t-il identique ? - mon abécédaire serait le suivant :

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A. Jacques Abeille / B. Henry Bauchau / C. Johnn Maxwell Coetzee / D. Fédor Dostoïevski E. Umberto Eco / F. William Faulkner / G. Jean Giono / H. Jim Harrison / I. Kazuo Ishiguro / J. Phyllis Dorothy James / K. Milan Kundera / L. Jack London / M. Iris Murdoch /  N. Amélie Nothomb / O. Flannery O'Connor / P. Henri Pourrat / Q. Pascal Quignard / R. Charles-Ferdinand Ramuz / S. Jerome David Salinger / T. Michel Tournier / U. Fred Uhlman / V. Jules Verne / W. Herbjorg Wassmo / X. ...?... / Y. Marguerite Yourcenar / Z. Stefen Zweig

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jeudi 5 juillet 2018

GRIFFONNADE 343 : Nomophobie & alexithymie

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Je suis nomophobe ! dit-il avec l'air avantageux de l'individu exceptionnel. Je n'ai aucune intention d'en discuter avec vous, dit-elle. Je suis préoccupée par ma fille devenue alexithymique.

De quoi s'agit-il ?

La nomophobie (terme apparu en 2008)  : peur excessive d'être séparé de son téléphone mobile.

L'alexithymie (terme apparu en 1970) : la difficulté à identifier et à exprimer par des mots ce qui se passe au niveau des sentiments.

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mardi 5 juin 2018

ATELIER D'ECRITURE 85 : Médiathèque de Saint-Symphorien/Coise

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Atelier d'écriture

Médiathèque Mot @ Mot 

Saison 2017/2018  

Dixième année

Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)

Lundi 25/06/2018 / 19h30/21h30
 
Avec le retour des belles soirées, sortons !
Prenons nos papiers et nos stylos et sortons écrire dehors ! Sortons faire le plein de grand air, prenons le temps de renouveler notre créativité dans la lenteur du soir qui s'éteint.
Ecrire en extérieur, juste avant le crépuscule, c'est saisir des bruits et des ombres en improvisant un atelier éphémère en un lieu où le point de vue suscitera les sens. Ecrire en extérieur ce sera jeter dans la brise les phrases d'une histoire comme un bout de branche dans le courant de la rivière. 

ATELIER D'ECRITURE 84 : Bibliothèque de Saint-Galmier

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 ATELIER D'ECRITURE​ 

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

​Mercredi 20/06/2018 
18h30-20h30
Lire un texte à voix haute

"​Je vois assez régulièrement se lever l'aurore (comme présentement) car je pousse ma besogne fort avant dans la nuit, les fenêtres ouvertes, en manches de chemise et gueulant, dans le silence du cabinet, comme un énergumène."   

(Gustave FLAUBERT)​

CONTACT : 04 77 52 59 37

lundi 28 mai 2018

GRIFFONNADE 341 : Chronobiologie & chronopsychologie

Chronobiologie & chronopsychologie 

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Distinguons les deux termes afin de mieux les comprendre et les utiliser.

Chronobiologie: étude des rythmes biologiques.

Chronopsychologie: étude des comportements au cours de la journée.

Derrière tout discours autour de l'adaptation des rythmes scolaires de nos chères têtes brunes et blondes (sans omettre les rousses), on comprend que se pose une intention de ne pas faire n'importe quoi, n'importe quand et, bien évidemment  n'importe comment.

LA PÉDAGOGIE SE TIENT ICI, NULLE PART AILLEURS

Le pédagogue, c'est son métier, met en place des moments d'apprentissage qui répondent au mieux à cette intention : que mettre en place, quand et comment pour apprendre à lire, à compter, à parler, à réfléchir, à poser des questions, à résoudre des problèmes, etc.

La pédagogie n'est pas et ne sera plus jamais une simple affaire de transmission de connaissances. Et encore moins une explication, un exposé justifiant une décision politique ! Laissons, par pitié et par bonheur, la pédagogie aux pédagogues, la plaidoierie aux avocats, le sermon aux hommes d'église, le boniment aux camelots, l'insulte au colérique et le mensonge au traître . Le discours politique n'est pas et n'a pas à être pédagogique.

L'UN EXPLORE L'EXTERIEUR, L'AUTRE PUISE A L'INTERIEUR

Ceci dit, comment diable optimiser l'attention et la concentration des élèves ? D'abord en distinguant ce qui relève de l'attention et ce qui concerne la concentration. 

L'attention est l'acte de tourner toute sa perception sensorielle vers l'extérieur : vue, ouïe, toucher, odorat, goût, toutes les sensations tentent de capter quelque chose. Dans une séance ou une séquence d'apprentissage on met tout en oeuvre pour susciter l'attention.

La concentration fait se couper de l'extérieur pour chercher et trouver en soi-même, au coeur, au centre de son être - principalement la mémoire - ce qui correspend à ce que l'on attend de soi, un mot, une donnée, une image, une reconnaissance, une combinaison des perceptions aptes à répondre avec pertinence au savoir, à l'habileté, au savoir-faire, au geste, au comportement, à la réflexion, à la réaction adaptés à la situation. Dans une phase de vérification, de contrôle, d'évaluation, on met tout en place pour conforter la concentration.

De fait, et le constat l'atteste, l'attention est possible dans le vacarme, la concentration difficile.

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Les deux "gestes intellectuels" sont favorisés quand les pédagogues et leurs élèves, en réponse à une situation propre, qui est la leur et rarement généralisée peuvent et savent...

  • modifier l'emploi du temps ;
  • changer de lieu ;
  • effectuer divers types d'activités différentes ;
  • connaître des activités mobiles entre des activités immobiles ;
  • bénéficier d'activités d'écoute et de reproduction de ryhtmes (un peu de concentration oblige) ;
  • imaginer des activités dynamisantes, courtes et denses.

Cette déclinaison vise les heures passées en milieu scolaire, école, collège, lycée mais aussi universitaire et tout le milieu de la formation professionnelle. Dont la formation des enseignants. Comment former des enseignants à porter le souci des rythmes scolaires si leurs formations, initiale et continue, ne se construisent pas en mettant en acte ce qu'elles préconisent ?

Au travail. Avec attention et concentration.

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ATELIER D'ECRITURE 83 : Médiathèque de Saint-Symphorien/Coise

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Atelier d'écriture 

Médiathèque Mot @ Mot 

Saison 2017/2018  

Dixième année

Saint-Symphorien-sur-Coise

(Rhône​)

Lundi 04/06/2018
19h30/21h30
Au diable les guillemets !
 
Je veux une femme, a proféré le général. C'est une femme qu'il me faut, n'est-ce pas.
Vous n'êtes pas le seul dans ce cas, lui a souri Paul Objat. Epargnez-moi ces réflexions, Objat, s'est raidi le général, je ne plaisante pas là-dessus. Un peu de tenue, bon Dieu.
Jean Echenoz, Envoyée spéciale, Ed. de Minuit.

jeudi 24 mai 2018

SI J'OSE LIRE 5

Fêtons nos mères

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Fêtons nos mères. À chacun et chacune de choisir la sienne. La palette est large, de la femme qui nous transmet la vie à cette autre qui nous élève, de la Terre qui épuise ses forces à nous nourrir à la langue qui nous abrite et qu’on maltraite. Peut-être Rome, si l’on est un fidèle de l’Église ou latiniste distingué. A dire vrai la maternité prend bien des visages, des aspects, des masques. Pour parler court - la brièveté s'aiguise sur la pierre de la simplicité – est mère tout ce qui nous accouche. De la naissance à la mort. 

 Jules Michelet associait les deux mystères qui bornent l’existence en une même analogie « l’un et l’autre amènent un fruit ». Serait mère ce qui fructifie ? Plaçons sur une droite horizontale les événements principaux de notre vie. Datons chacune de ces fructifications personnelles. Fêtons-les. Toute naissance est occasion de fête. Toute fête est renaissance. Nous savons, grâce aux sciences dites humaines, que l’on naît plusieurs fois. Cette succession d’enfantements de nous-mêmes rendrait-elle un début de sagesse ? Entendons : bien plus savant de nous-mêmes… J’ai le mal de mère, dit un trentenaire à la recherche de sa mère biologique.  Son jeu de mot en dit long sur cette nécessité de nommer l’origine bigbanguesque de notre monde individuel. Le ventre et le sein de la prime délivrance. Contre lesquels jaillit le premier cri, le premier jet sonore d’une langue à venir. D’autres ventres et d’autres seins surgiront, bienvenus ou non, pour de prochains cris. Le mot, la parole, la phrase procèdent du cri.  

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Quand Michel Strogoff, un fer rouge près des yeux, rugit de douleur, Jules Verne place dans son regard sa mère Marfa. Ce fils feint, dans les pages précédentes, de ne pas la reconnaître pour ne pas contrarier sa mission de courrier du czar. Le héros pleure. Les larmes sauveront ses yeux.

Tu t’accoucheras dans la souffrance, feu de feu !

Œdipe, lui, se crève les yeux en découvrant sa mère. Son histoire cesse de progresser pour naturellement s’atrophier.

Tu naîtras dans l'aveuglement et marcheras sur des routes ensoleillées mais dans les ténèbres d'une vérité de terreur. Et tu te répéteras la devinette de la sphynge comme une comptine d'enfance.

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Yasushi Inoué, dans Histoire de ma mère, décrit un effacement. Il retrace la perte des souvenirs qu’en quelques années la vieille femme subit avant de disparaître elle-même. Ou plus justement, afin de disparaître elle-même !

La mémoire est le propre de l’être humain. La conservation du patrimoine le hante. Patrimoine, terme masculin, comment nommer ce que l’on reçoit d’une mère ? Matrimoine ?

En trois courts tableaux (Sous les fleurs, Clair de Lune et Visage de neige) Inoué rassemble un passé qui s’échappe. Plus la sénilité œuvre, plus l’écrivain reconstruit. La régression planifie l’abandon de l’être, l’écrivain tisse le menu de cette fuite. Il reconstitue la complexité d’une personne tandis que la maladie fait dans la simplification. La personnalité se retire en deçà de ses limites antérieures. Elle retourne au stade précédent. 

Dans cette explosion du temps les scènes se mêlent : la mère, à vingt-trois ans, cherche son jeune enfant qui, soixante années plus tard, la poursuivra dans une ultime fugue. L’auteur achève son récit, l’urne des cendres maternelles sur les genoux. Il est bien rare de prendre sa mère sur ses genoux.

Tu engendreras ta mère dans la douleur, sang de sang ! 

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Albert Cohen, dans Le livre de ma mère, marque son affliction comme une offrande : « Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte ». Livre de fragments pour poursuivre un amour filial, pour confondre l’enfant et l’adulte, pour conjuguer le passé au présent et ainsi, peut-être, réparer et venger.

Albert Cohen se prépare à cet état où il sera « le muet compagnon de certaines petites vies silencieuses qui avancent en ondulant ». Il retrouve sa mère par l’écriture. Grande affaire que d’entretenir une langue maternelle, matrice où naissent les mots fructificateurs. Une mère langue, comme la mère goutte, ce vin natif des grappes vendangées avant le pressurage, comme la mère laine au dos des brebis. Rite initiatique que d’écrire à la recherche d’une langue perdue, langage maternel initial, chanson douce et amère éveillant les sens.

Mère, tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant toute berceuse. Attention au nourrisson assoupi. En lui sommeille un accoucheur de phrases. Tu enfanteras par action et omission ton verbe quotidien, nom de nom !

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René Frégni aime trois femmes, sa mère, la mère de sa fille et sa fille. Elle danse dans le noir est l’hymne poignant du fils, de l’amant et du père. Le propre de Frégni est de conjuguer ces trois personnes : l’homme qui est sorti du ventre d’une femme et qui s’est nourri de son sein ;  l’homme qui jouit au ventre d’une femme et qui s’abandonne sur son sein, l’homme qui tremble et se jetterait au feu pour cette fillette dont le ventre et le sein lui sont et seront à jamais sacrés.

« Pendant un an je l’ai regardée s’endormir dans son lit de bois blanc, toujours avec les mêmes petits gestes bouleversants. » Regarde-t-on assez dormir les gens que l’on aime ? « En novembre, le corps de ma mère n’était plus qu’un drap de peau jeté sur son squelette. » Caresse-t-on suffisamment les plis, les creux, les bosses et les rides de celles qu’on aime ? « J’ai marché vingt ans aux côtés de cette femme, pendant vingt ans j’ai mangé en regardant ses yeux, j’ai dormi vingt ans contre ce corps qui court là-bas vers les jeux de l’amour. » Aime-t-on encore assez quand on aime comme on aime depuis des années ?

René Frégni est né de cette mère qui ferme les yeux, de cette compagne qui ne le regarde plus, de cette fillette qui lève un regard d'adoration vers le sien. Son livre, naît de ces trois femmes qui nouent puis dénouent le fil de ses phrases.

Tu écriras tes bonheurs perdus avec tes tripes, avec tes poings, dans l’encre noire de la fureur. Et tu recommenceras, de cahier en cahier, pour renaître à nouveau puisque tu te prénommes René ! 

Histoire de ma mère, Yasushi Inoué, Stock, Bibliothèque Cosmopolite, Le livre de ma mère, Albert Cohen, Folio-Plus, Elle danse dans le noir, René Frégni, Folio.

mardi 22 mai 2018

GRIFFONNADE 340 : Private Joke (4) avec Jacques Martin

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LA GRANDE MENACE

La première aventure dessinée du journaliste Guy Lefranc débute en mai 1952 

Jacques Martin en 1952 achève le premier cycle des Alix (Alix l'intrépide, le Sphinx d'or et l'Île maudite). Au bas de la dernière page de l'Île maudite, dans un large bandeau, en lettres capitales, on annonce : "Très bientôt, une nouvelle histoire en images de Jacques Martin, plus passionnante encore que l'île maudite."

Le dessinauteur (je nomme ainsi celui qui met en bandes dessinées l'histoire dont il est scénariste) espère beaucoup de son nouveau personnage, Guy Lefranc. Il doit l'imposer alors qu'on attend de lui la suite intrépide d'Alix. En 1953, le succès de Lefranc est tel qu'on lui demande d'abandonner le jeune Gaulois pour Lefranc ! Il obtient de poursuivre en alternance les deux séries. Et voici qu'Hergé lui-même lui demande d'intégrer son équipe aux Studios Hergé (nés le 06/04/50). Il réussit à imposer aussi ses deux assistants Roger Leloup (futur créateur de Yoko Tsuno) et Michel Desmarets (spécialisé dans le dessin des voitures). Il quittera les Studios Hergé en 1972 pour se consacrer à ses propres créations, ajoutant à Lefranc et Alix, Jhen, Arno, Orion, Kéos, Loïs...

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 Page, 21, large et peu haute, une case est bien structurée. Deux hommes d'âge mûr de part et d'autre de l'image, mis en miroir, épluchent la presse écrite. En 1950, la presse quotidienne diffusent largement l'actualité sous forme de nombreux journaux que les adultes lisent, partagent, commentent. En plein centre, très droit, le héros blond et élégant, la cravate impeccable, Guy Lefranc. En deux mots, les propos du commissaire Renard (le rusé, le subtil ? un policier rondouillard,  moustachu, cheveux en brosse, le stéréotype du flic de l'époque) renvoient à la pluie que le lecteur aperçoit au fond de l'image, au-delà des grandes baies de la salle à manger (deux espaces découpés comme des pages de bande dessinée). Dans la baie de droite on aperçoit deux hommes en faction (sinon pourquoi rester sous la pluie ?). Sans doute des policiers chargés de la protection de Lefranc et du jeune Jean-Jean, le louveteau au foulard rouge, tous les deux menacés. Le jeune garçon, la veille, a échappé miraculeusement à un enlèvement.

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Le commissaire Renard, après avoir constaté que le sabotage du carburateur de sa Traction Citroën, désamorça une grenade planquée dans la voiture du journaliste, une Simca 9 (Simca, filiale française de Fiat, lança l'Aronde en 1951, avec calandre pontée, grand succès commercial dû en partie à la vitesse et à la faible consommation du véhicule - Lefranc semble attaché aux voitures italiennes fonceuses, il conduira dès l'album suivant, en 1959, une Alfa Roméo Guiletta Veloce).

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Retour à l'image. A gauche, dans le deuxième carreau du haut, se découpe, sinistre et sombre, la silhouette d'un édifice que surmonte une tour. Si ce n'est celle qui surmonte le repaire d'Axel Borg, elle l'évoque bigrement. Dans les entrailles de ce repaire, fourmille une base secrète d'où jaillira une fusée armée de l'arme nucléaire. Tel est l'objet de cette première grande menace. Sur la page de titre du journal du client de droite, on devine le titre "Ultimatum", autre rappel de la grande menace, fil rouge du récit. En dernière page du quotidien, sous la rubrique (floue) "Edition spéciale", l'image d'une autre fusée, plus pacifique celle-là. Nul doute, repérable avec son célèbre damier, il s'agit de l'engin que, dans une autre base secrète, en Syldavie, a conçu et construit le professeur dont on devine le nom, à droite de l'image : Tournesol. Aucune erreur possible, Jacques Martin salue Hergé, son maître et futur patron. Avec lequel il partage le goût des belles voitures (Hergé pilotera avec plaisir Lancia et Porsche). Il rejoindra les Studios Hergé (nés le 6 avril 1950) en février 1954. Le clin d'oeil, glissé ici, à l'aventure lunaire de Tintin, est un Private Joke remarquable de discrétion.

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L'aventure lunaire de Tintin "On a marché sur la lune" paraît en feuilleton41+g7Yx0lcL dans le magazine hebdomadaire de la maison Lombard depuis avril 1950. Suivra L'Affaire Tournesol, dès décembre 1954. Jacques Martin est très impliqué dans cette histoire. Il affirmera plus d'une fois être à l'origine du gag du sparadrap qui tyrannise Haddock. L'album L'Affaire est l'exemple le plus réussi de l'art feuilletonnesque de Hergé. Chaque page mérite d'être examinée, bande par bande, avec le regard de Jan Baetens (in Hergé écrivain, Ed. Flammarion, Champs/Arts).

Le récit de La Grande menace achevé, Jacques Martin s'attaquera à La Vallée des cobras, l'ultime album de Jo et Zette commencé pour Coeurs Vaillants (Editions Bonne Presse, devenues Bayard en 1939). Jacques Martin, loin d'Alix et de Lefranc, doit reprendre toute la première partie de l'histoire, c'est à dire les vingt premières pages, tout l'épisode alpin situé dans la station de Vargèse (Haute-Savoie !). Cette partie où la famille Legrand rencontre le mahajadrah de Gopal (celui-là même qui offrit à la Castafiore la fameuse émeraude des Bijoux). Ces pages forment un long prologue de grande maîtrise. On peut imaginer ce que Martin et Hergé auraient pu tirer  de la rencontre entre le capitaine Haddock et le maharadjah de Gopal. On peut rêver du rire de la cantatrice italienne en mettant en présence ces deux personnages, deux ex-fiancés.

La fantaisie et l'humour de Jacques Martin se sont mis au service des Studios Hergé. Pendant presque vingt ans. Martin a salué Hergé comme un chef de grande qualité. Jamais, sauf erreur de ma part, comme un ami.

Private joke : blague privée, clin d'oeil pour initiés, détail inséré ​d​ans une production, dans un travail​, ​par ​jeu à l'intention d'un petit cercle d'amis​ ou​ par hommage discret​. La bande dessinée en est friande et les lecteurs les recherchent.

lundi 21 mai 2018

ATELIER D'ECRITURE 82 : Bibliothèque de St-Galmier

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 ATELIER D'ECRITURE

Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

​Mercredi 30/05/2018 
18h30-20h30
Le fond du message, c'est sa forme.

"​Monsieur, Je viens, par la présente, m'excuser très sincèrement de l'impossibilité dans laquelle je me trouve présentement de vous écrire le moindre mot ; chaque jour je remets à plus tard le soin de vous envoyer de mes nouvelles et de m'inquiéter des vôtres..." 

(Pierre DAC)​

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dimanche 13 mai 2018

GRIFFONNADE 339 : LA NYCKELHARPA

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Prieuré de Saint-Romain-le-Puy (Loire), le 12/05/2018

Concert avec I Sentiri pour ouvrir la saison culturelle de l'association Aldebertus

Dans la dernière partie du concert, surprise ! Au trio du groupe I Sentiri s'ajoute Mireille Bonnard-Perlin. Cette musicienne, domiciliée en Saône-et-Loire, se voue à la musique ancienne et joue de l'instrument populaire de la Suède nommé nyckelharpa

Timbres Nyckelharpa (2)

Un archet frotte quatre cordes - les mêmes qu'un alto, do, sol, ré, la. Porté en bandoulière, l'instrument est isolé du tronc de la personne qui le porte par un petit coussin de tissu afin que la résonnance conserve toute sa puissance. La main gauche, libre, actionne un clavier à quatre étages (un par corde) et modifie ainsi la hauteur des notes. Non touchées par l'archet, d'autres cordes, tendues en-dessous des quatre principales sont dites sympathiques car elles vibrent en harmonie (par sympathie) avec la fréquence des notes émises. Ce qui donne encore davantage d'ampleur à la mélodie ainsi interprétée. Folkore, musique ancienne, baroque, musique contemporaine, tout est à la portée de cet instrument. 

La rencontre avec Eléonore Billy, la papesse française de l'instrument, est fondamentale pour Mireille Bonnard-Perlin. Séduite par l'instrument, elle suivra un apprentissage assidu. Depuis elle présente son nyckelharpa, participe à des scènes de toutes les sortes et, elle-même forme de nouveaux instrumentistes.  

mercredi 9 mai 2018

ATELIER D'ECRITURE 81 : Médiathèque de Saint-Symphorien/Coise

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 Atelier d'écriture Médiathèque Mot @ Mot 

Saison 2017/2018 * Dixième année

Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône​)

Lundi 14/05/2018 
19h30/21h30
Selon Garcin dans "Selon Vincent"
  
​"Ayant terminé son verre, il fit un grand geste à l'adresse de la barmaid allemande qui derrière le comptoir essuyait des verres d'un air absent, pleinement concentrée pourtant sur les propos que tenait ce grand et gros Etats-Unien aux petits yeux bleus extrêmement mobiles qui lui faisaient penser à ceux de son grand-père maternel Werner, qu'elle n'avait plus vu depuis vingt ans, un ancien cordonnier à présent nonagénaire (.../...) " 
Christian Garcin, Selon Vincent, Ed. Babel/Actes Sud.
 

vendredi 27 avril 2018

SI J'OSE LIRE 4

Philo pour tous 

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Philo pour tous. Je philosophe, tu philosophes, on philosophe à tour de bras. Finie l’époque où seuls les philosophes philosophaient. Les temps changent : le libraire élargit son rayon philo, l’enseignant instaure le débat philosophique dès l’école maternelle et le bistrotier ouvre son café-philo. Au pays de Montaigne et de Jacques Derrida, plus de cent cinquante cafés-philos fleurissent entre les cafés-concerts et les cafés-théâtres. Je gagne l'un d'eux par pure curiosité. Si je m'instruis je reviendrai. Surtout si, entre deux consommations, se révèle un traitement contre les crises qui nous affectent - crise du sens politique,  crise du lien social, crise de la parole et de la communication, crise du logement et crise d’adolescence et tutti quanti.

Constat : toutes les chaises sont occupées. Reste un bout de banquette. Je salue les compagnons de table. On me sourit. Chacune et chacun se présentent : secrétaire médicale, étudiant, retraité, fonctionnaire… Un échantillon de l’espèce humaine entre dix-sept et soixante-dix-sept ans. Des visages différents des masques quotidiennement côtoyés car ceux-là sont affables ! Une clochette tinte, aigrelette, du genre des Trois messes basses de Daudet. L’animateur se manifeste. Un grand prêtre ? Non, un animateur garant du cadre. Le cadre ? Il énonce les règles : toute prise de parole sauvage est bannie. Il invite à présenter dix suggestions pour le débat du soir. A main levée les participants choisissent la question qui sera discutée. L’emporte une citation où s’opposent les notions de jugement et de préjugé. La personne qui la propose justifie son interrogation. La conversation se tisse. On commente, compare, réfute, défend. L’animateur reformule, indique des textes d’auteurs pour justifier, approfondir les propos échangés. L’instant est courtois, les échanges mesurés. Quand elle prend la parole, la secrétaire médicale sourit en citant deux ou trois phrases d'Alain de Botton. Je ne m'en souviendrai pas et ne pourrai placer ici ces citations entre guillemets. La jeune femme les prononce entre deux frémissantes fossettes. D'où mon oubli sans doute. Le doute ? Première qualité pour philosopher me confie le fonctionnaire, les moustaches en croc, une voix de basse lyrique. Il parle de Raphaël Enthoven comme s'il le croisait chaque dimanche, de Spinoza comme d'un ami de la famille et de Roger-Pol Droit comme d'un voisin. Je note et m'informe. La philo cesse à cet instant d'être une épreuve au baccalauréat et qui sommeille entre les pages de deux manuels La Connaissance et L'Action, de L. Meynard, Librairie Belin.  

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Pour cultiver cette amorce de discernement, je gagne la librairie la plus proche. Au débotté, je demande – sur les conseils de la secrétaire et du fonctionnaire de tout à l’heure – Alain de Botton et Roger-Pol Droit. Le premier, Suisse londonien, se tourne vers les penseurs du passé dont la sapience, mélange de savoir et de sagesse (selon Barthes, dit-elle) détient réponses aux tourments de ce jour. Heureux les pusillanimes, les fauchés, les frustrés, les déficients de tout poil, les anxieux, coléreux ou désespérés, le royaume des philosophes est à eux. En trois cents pages Socrate, Épicure, Sénèque, Montaigne, Schopenhauer et Nietzsche se penchent à notre chevet et nous consolent. De Botton nous convainc : les six maîtres sont pétris de la même pâte que la nôtre. Il nous conduit dans le cheminement de leurs pensées. Nous nous identifions à ces précurseurs de l’expérience humaine. 

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Quant à Roger-Pol Droit, c’est l’étonnement permanent (je tiens la formule du moustachu fonctionnaire). Il suit la marche des fourmis, jeûne, calligraphie, s’arrache un cheveu, sourit à l’inconnu, compte jusqu’à mille et transforme chaque geste habituel en une découverte philosophique. Il précise la durée et le matériel de chaque expérience et l’effet escompté. On rêve, on s’humanise, on se rebelle, on migre, on contemple, on se dépolitise. Bref le divertissement est complet, « le futile donne à penser, le dérisoire conduit au sérieux ». La banalité se met en relief. La lucarne multimédiatique ne déverse pas l’aventure, elle naît d’un lieu, d’un geste, d’un regard, d’un rien. Elle réveille l’imprévu et le surprenant. Sans risque. Ou plus justement avec le risque de s’étonner : « Quoi, je philosophe ! » 

Les consolations de la philosophie, Alain de Botton, Pocket et 101 expériences de philosophie quotidienne, Roger-Pol Droit, Odile Jacob Poches.

dimanche 15 avril 2018

ATELIER D'ECRITURE 80 : Bibliothèque de Saint-Galmier (Loire)

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ATELIER D'ECRITURE​ 

Bibliothèque Saint-Galmier (Loire)  ​

​Mercredi 25/04/18 
18h30-20h30
Songe, rêve et cauchemar

"​Je fais deux cauchemars par semaine et je rêve tous les matins. La plupart des contes que j'écris me sont donnés par le rêve."

"J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cours du temps."

(Jorge Luis Borgès)​