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 Difficile de donner un conseil à quelqu'un qui ne le demande pas ! 

Combien de  "à votre  place, je...", "ne crois-tu pas que tu devrais..." avant que naisse l'impatience chez celle ou chez celui qui n'attend aucun avis ni, pire, nul conseil ?

Voici un court récit, rédigé à partir d'un fait authentique, pour initier un départ de réflexion sur cette affaire de demande.

Dans une classe de sixième de collège, un grand soleil cogne sur les bureaux les plus proches des fenêtres. Un garçon, Matthieu, souffle à son voisin, Florent :
-  J'’ai trop chaud, le soleil me gêne.
L’enseignant entend cette remarque mais ne la relève pas.
-  Dis-lui, répond Florent à Matthieu qui hausse les épaules.
Florent prend l’initiative :
-  Monsieur, le soleil le gêne !
L’enseignant regarde la fenêtre, l’extérieur, Matthieu puis Florent et dit :
-  En effet, tu as raison, le soleil le gêne.
Et il poursuit son activité. Une fille, Camille, intervient :
-  Mais, le soleil le gêne vraiment !
-  Je n’en doute pas un instant, répond l’enseignant.
-  Pourquoi vous ne voulez pas qu’on tire le rideau, ose Camille.
-  Tu m’as entendu l’interdire ?
-   Non, mais c’est ce qu’il demande ! réplique Camille.
-  Tu penses qu’en tirant le rideau, le soleil ne le gênera plus ?
Petits échanges de sourires dans le groupe, on cherche pourquoi il joue ainsi.
-  Oui, c’est évident, dit Camille.
-  Je suis d’accord avec Matthieu, le soleil le gêne. Je suis aussi d’accord avec toi, Camille, en tirant le rideau, on cacherait le soleil et Matthieu ne serait plus gêné.
-  Mais alors, pourquoi on ne le fait pas ?
-  Qui est gêné par le soleil, toi, Florent ou Matthieu ?
-  Matthieu, dit la fille.
-  Oui, Matthieu est gêné par le soleil et qui nous l’a dit ?
-  Florent, dit la fille... En fait, vous voulez que ce soit lui, Matthieu, qui vous le dise ?
-  Il nous entend, il sait que maintenant nous sommes tous au courant du fait que le soleil le gêne. Qu’il répète cette évidence nous apportera rien de plus !
-  En fait, dit Camille, vous attendez qu’il vous demande de tirer le rideau.
-  Et pourquoi, à ton avis ?
-  En fait, répond Camille, il ne vous a même pas encore adressé la parole. C’est vrai, il ne vous a rien vraiment demandé.
L’enseignant sourit et s’apprête à poursuivre le cours. Camille s’adresse directement à Matthieu :
- Demande-lui. Florent surenchérit :
-  Il attend que tu lui demandes directement de tirer le rideau.
-  Monsieur, dit Matthieu, je peux tirer le rideau... pour cacher le soleil ?
Bien sûr, je t’en prie, dit l’enseignant.

DC