Ce qui n'est pas diégétique est extradiégétique (et vice-versa) !

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 Commenter la musique des films d'Hitchtcock ? 

Peter Szendy, musicologue philosophe, interroge notre usage de la musique : Ecoute, une histoire de nos oreilles ; Tubes, la philosophie dans le juke-box ;  (Ed. de Minuit). 

L'on tient, semble-t-il, de Boris Vian le mot "tube" pour désigner "l'un de ces airs comme ça" propagés par nos radio-robinets et autres bibliothèques de diseurs numériques. Le terme "ver d'oreille" - démangeaison sonore dévoreuse de mémoire -  introduit une notion physique qui lance la réflexion de Szendy. La table des matières de "Tubes" est prometteuse :

  • Vers d'oreille (la bande-son de la vie) 
  • Le banal et le singulier - le secret de la marchandise... le désir de soi... la reprise ou l'épreuve de l'engouement...Le cinéma des tubes - on connaît la chanson... M le maudit... quelques airs de Hitchock...
  • L'hymne intime du capital - la musique, l'argent et le mot d'esprit... Fame...
  • Around the World (le tour de soi)

Et au passage l'on apprend qu'est diégétique la musique qui fait partie de l'histoire contée par un film (les personnages l'entendent ou la jouent) et, par conséquent sera extradiégétique celle qui est ignorée des personnages car destinée aux seuls spectateurs comme aux premiers temps des films muets : le pianiste improvisant sous l'écran pour souligner les poursuites rythmées ou les scènes dramatiques exécutait une musique extradiégétique (et l'ignorait).