Homère, Enard, Galland, Mardrus, Miquel, Bencheikh et Proust...

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Selon Mathias Enard (Boussole 2015, Actes Sud - Prix Goncourt) la littérature fonde la culture européenne. Celle-ci fabrique des lieux de rencontre, de haute culture et la détruit au faîte de sa puissance : Troie, Grenade, Rome, Byzance...

On dit Homère et on dit tout. L'Iliade, l'histoire d'une guerre, d'une cité puissante, d'une civilisation ; l'Odyssée, l'histoire d'un voyage, d'une errance, d'un amour retrouvé.

En face, les Mille et une nuits, le récit d'un conte recommencé, d'une nuit reportée, d'un amour né dans la patience de l'histoire perpétuelle. Et les deux versions, la traduction prude d'Antoine Galland, la version sensuelle de Joseph-Charles Mardrus. Depuis, en 2005, pour La Pléiade, nouvelle traduction d'André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh. Apparemment, au vu des réactions des lecteurs et des critiques, malgré son coût, cette édition mérite l'acquisition. 

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Marcel Proust, dit Enard, avait deux modèles : les Mémoires de Saint-Simon et les Mille et une nuits. Sa recherche est double : une recherche de l'enfance, une recherche au-delà des interdits. 

Boussole, l'Iliade, l'Odyssée, les Mille et une nuits, les Mémoires et A la Recherche, des oeuvres littéraires foisonnantes et sujettes à être sans cesse lues et relues.

Ulysse et Sinbad, personnages similaires ?

Saint-Simon et Proust, même fascination envers l'actualité aristocratique et manières proches de la rapporter ?

Les grandes oeuvres, anonymes ou pas, se croisent et s'entrecroisent. C'est l'intertextualité de Gérard Genette

Même chose dans les oeuvres musicales, picturales et cinématographiques...