(d'après des notes prises à la sauvette, à l'écoute de Michel Houellebecq, sur les ondes, en 200?)

"Le roman triomphe désormais de partout au détriment de la poésie et du théâtre" 

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La forme narrative du roman s'impose, on s'ennuie aujourd'hui s'il n'y a pas de narration : les films de publicité, les scénarios du grand écran, les reportages, les documentaires, tout, fiction ou pas, doit suivre les règles de la narration. Le monde de la fiction, impérialiste, forme notre esprit à bien recevoir les histoires et à perdre de l'intérêt lorsqu'on s'en éloigne. Voyons les documentaires historiques... Les évangiles utilisent une trame romancière. Pascal Quignard, l'écrivain, est-il un romancier ?

Le récit, lui, est le lieu de mise en doute du roman ! Le récit est un texte qui se voit privé des pouvoirs du roman car il opacifie l'acte narratif dont il procède, il interroge les personnages et la nature de la participation du lecteur. "La soirée avec M. Teste" (Paul Valéry) semble être à la naissance du récit contemporain.

Le surréalisme condamne le roman. Une certaine tradition intellectuelle française condamne le monde imaginaire. On voit combien l'omniprésence de la ligne narrative se referme de manière homogène. Voir les séries policières ou encore les reportages où l'on entremêle les narrations : on passe d'un sujet A puis à un sujet B pour revenir au A puis au C suivi du B, etc. 

La veine du récit, entreprise comme une fiction réflexive serait plus intéressante, désormais, que le roman.

Lire et relire Pascal Quignard, Pierre Michon, Benoît Peeters, François Bon)...