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Qu'est-ce qu'écrire ? 

Paul Valéry : 

"L'écrivain ne trouve pas ses mots, il les cherche, et en les cherchant il trouve mieux."

Pierre Bourdieu :

"Quand je ne sais pas ce que je pense, j'écris."

Claude simon :

"On n'écrit jamais quelque chose qui s'est passé avant le travail d'écriture, mais bien ce qui se produit (et cela dans tous les sens du terme) au cours de ce travail, au présent de celui-ci, et résulte, non pas du conflit entre le très vague projet initial et la langue, mais au contraire d'une symbiose entre les deux qui fait, du moins chez moi, que le résultat est infiniment plus riche que l'intention."

Trois citations relevées je ne sais où en 2002 ou 2003, alors que j'entreprenais une formation d'animateur d'ateliers d'écriture et que je retrouve en relisant les notes prises à l'époque, les synthèses de lectures, les bouts de commentaires échangés et griffonnés...

Après une dizaine d'années d'animation d'ateliers, mon expérience s'étoffant, j'ai modifié et élargi ma pratique. Une poignée de certitudes demeurent cependant :

  • Dès que les premiers mots sont jetés, la personne qui écrit est face à un territoire où tout est possible, les directions sont infinies ; puis, de phrases en phrases, à la fois cette infinité se réduit tout en dévoilant ce qu'elle masque. Le jeu s'arrête au point final, juste avant que tout soit dit.
  • A force d'écrire - et dans ce terme, force, se lient une idée d'effort, de mise en branle d'un mouvement contre une pesanteur et une résistance de tous les diables et une idée de patience d'ange, d'une éternité suspendue et enfermée dans les mailles du texte - à force d'écrire, arrive le moment où l'on renonce à écrire ce que l'on pense mais où l'on apprend à penser dans le geste même qui, lettre par lettre, pose les mots et les enchaîne les uns aux autres.
  • le texte ne vient jamais vers la personne qui écrit, il devient tandis que l'auteur s'autorise à favoriser cette naissance. 

Rien de très nouveau. En tout cas, je signe ce que j'écris.