Unknown

Rencontres Jacques Copeau 2015 / Pernand-Vergelesses

Fellag raconte son parcours ; il dresse ainsi son autoportrait d'artiste dont l'humour force à l'exil

(d'après les notes saisies au cours de ses propos)

Fellag entre à l'Ecole de théâtre d'Alger, institution sous influence soviétique ; les comédiens, fonctionnaires, oeuvrent pour un théâtre de propogande. Seule l'arabe littéraire, classique est de mise.

Unknown-1

Fellag depuis toujours aime observer les gens dans les cafés, dans les files d'attente. Il s'en inspire pour parler le "créole algérien" - mélange de kabyle, d'arabe et de français - ce qui est mal vu par les islamistes. Cette langue nourrit un théâtre d'humour croquant la vie quotidienne.

Suivent quatre années qu'il nomme "brèche démocratique". Puis en 78 il séjourne au Québec et s'en revient en 85. Il est identifié comme un humoriste dangereux. Poursuivi, menacé de mort (La peur, principal moteur de ma création, dit-il), le voilà fuyant son pays en décembre 95, sans papier d'identité. Il se réfugie en France.

Son spectacle est de ceux qui évoluent sans cesse. En France, il joue pour bon nombre d'associations le même spectacle qu'en Algérie, puis il lui fait subir une francisation progressive. Il refuse de jouer dans de grandes salles, genre Zénith, il ne cherche guère les plateaux de télévision ou les studios de radio. (note marginale : Pas besoin de succès magnifié par les chiffres, lui !)

Un nouveau style s'impose à Fellag. Enjeu : jouer pour les deux publics, français et algérien, sans provocation aucune (ces trois derniers mots sont soulignés, il a dû insister). Un travail important d'écriture s'imposant à lui, une méthode s'esquisse et se confirme :

  • rédiger un texte littéraire pour cerner les propos qu'il voudrait présenter ;
  • réécrire ce texte pour le traduire en langue orale (entre 20 à 40 brouillons successifs) ;
  • une première tentative de mise en bouche ;
  • des essais publics (parfois jusqu'à 5 reprises).

Fellag insiste sur le fait que le costume de scène aide à jouer (prendre la peau de...)

Il construit tous ses spectacles désormais de la façon suivante :

  1. un prologue présentant le thème ;
  2. la petite comédie avec le personnage.