Devant une affirmation (de toute nature), je peux :

  • l'accepter telle quelle car j'ai grande confiance en la personne qui la formule ; son témoignage ou sa parole me suffit ;
  • la vérifier par moi-même : cela exige de prendre le temps de croiser les informations et de varier leurs sources ;
  • la déduire car je possède déjà des connaissances qui me permettent d'approuver, après réflexion, le contenu de l'affirmation.

projet

Normand Baillargeon, philosophe de l'éducation, publie en 2005, un Petit cours d'autodéfense intellectuelle.

Le sommaire de l'ouvrage montre son intention : donner des outils pour développer une pensée critique ; fortifier son opinion (sa croyance) par le recours de la science, des médias et de l'expérience personnelle.

Illustré par Charb, ce manuel destiné à la personne soucieuse de réveillerNumériser 1 son libre arbitre, remet des points sur les i et des barres au t. 

Croyance , une question religieuse ? Pas uniquement. De la superstition à la conviction, la palette des idées produites par la pensée humaine offre les couleurs les plus ternes et les plus brillantes. 

Le libre arbitre fonde la démocratie en s'opposant au déterminisme et au fatalisme. La démocratie repose sur des lois. Sans règles la pensée devient arbitraire. Baillargeon choisit le terme d'autodéfense. Il se dit, dans la préface, inquiet "de la prévalence de toutes ces croyances qui circulent dans nos sociétés sous divers noms, comme paranormal, ésotérisme ou nouvel âge" et préoccupé par "l'accès des citoyens des démocraties à une compréhension du monde dans lequel nous vivons, à une information riche, sérieuse et plurielle qui leur permette de comprendre ce monde et d'agir sur lui". Agir, agir, dites-vous, Normand ?

Autrefois, en terminale, le cours de philo se déclinait en deux versants : la réflexion et l'action. Pas l'une sans l'autre. Défendons-nous des actes sans jugement, méfions-nous des idées désincarnées. Oui, mais comment ?

Refuser de prendre des vessies pour des lanternes. Refuser de croire n'importe quoi. Revenir aux faits, aux gestes, aux paroles (tenues ?) car dire est poser un acte.

Retour, dans l'immédiat, à l'affirmation initiale : ne pas se suffire de paroles, vérifier en comparant les sources, mesurer les choses à l'aune de sa propre expérience. Dans FaceBook combien de messages échangés entre personnes (amis) qui partagent la même opinion, la même croyance ? Comment alors confronter ma pensée à la pensée qui me fait "différent, étrange et étranger" ?

Bref, vérifier par soi-même tout ce qui est exprimé (affirmé) dans ces lignes.